Paris, 6 novembre 2025 — L’élection de Khaled El-Enany, ancien ministre égyptien du Tourisme et des Antiquités, à la direction générale de l’UNESCO, marque un tournant majeur dans l’histoire de l’organisation. Pour la première fois, un représentant du monde arabe et africain accède à ce poste prestigieux, au terme d’un vote écrasant en sa faveur.
Un égyptologue à la conquête du multilatéralisme culturel
Professeur d’égyptologie et ancien responsable du patrimoine égyptien, Khaled El-Enany, 54 ans, a remporté 55 voix sur 57 lors du scrutin du Conseil exécutif de l’UNESCO. Ce score historique illustre un large consensus autour de sa candidature, soutenue par une campagne diplomatique menée dans plus de 60 pays.
Porté par le slogan « UNESCO pour le peuple », il promet une gouvernance inclusive, transparente et tournée vers les défis du XXIᵉ siècle : éducation, intelligence artificielle, climat, préservation du patrimoine et diversité culturelle.
Une victoire politique pour l’Afrique et le monde arabe
L’arrivée d’un Africain à la tête de l’agence onusienne installée à Paris est perçue comme une reconnaissance du poids croissant du Sud global dans les institutions internationales.
Pour de nombreux observateurs, cette élection reflète le désir d’un rééquilibrage géopolitique dans un contexte où la culture, la science et l’éducation deviennent des terrains d’influence mondiale.
« L’Afrique ne veut plus être spectatrice de la diplomatie culturelle mondiale, mais actrice de sa propre narration », confie un diplomate africain à Paris.
Des défis immenses pour une organisation en mutation
Khaled El-Enany prend ses fonctions dans un contexte délicat. L’UNESCO doit composer avec des tensions budgétaires — notamment le retrait annoncé des États-Unis en 2026 — et avec la nécessité de renforcer la coopération scientifique et éducative entre les continents.
Son mandat s’ouvrira sous le signe de la modernisation numérique et de la protection du patrimoine mondial, notamment face aux guerres, au trafic d’œuvres d’art et aux catastrophes climatiques.
L’enjeu sera aussi de réaffirmer le rôle de l’UNESCO comme gardienne du dialogue interculturel dans un monde fragmenté, et de rendre ses programmes plus accessibles aux jeunes et aux pays émergents.
Un héritage et une vision
En Égypte, Khaled El-Enany a laissé l’image d’un réformateur qui a su valoriser les trésors archéologiques tout en relançant le tourisme culturel. Il a notamment piloté l’ouverture du Grand Musée Égyptien du Caire, l’un des plus vastes projets muséaux du monde.
Son expérience lui confère une légitimité unique pour concilier préservation du patrimoine ancien et innovation culturelle mondiale.
Sous son mandat, plusieurs pays africains espèrent un accès renforcé aux programmes éducatifs et culturels de l’UNESCO, ainsi qu’une meilleure représentation de leurs patrimoines immatériels sur la scène mondiale.
Un mandat sous le signe du renouveau
Élu pour quatre ans (2025-2029), Khaled El-Enany entend replacer la culture au cœur du développement durable. Il souhaite faire de l’UNESCO « une maison ouverte à tous les peuples, où la diversité est une force ».
Cette élection symbolise une renaissance diplomatique pour l’Afrique, qui entend désormais parler d’une seule voix dans les grandes institutions internationales.
La Rédaction

