La Haute Cour impose un changement majeur dans l’approche pénale
Au Kenya, la Haute Cour a rendu une décision qualifiée d’historique par plusieurs organisations de défense des droits humains, en encadrant strictement la manière dont les autorités doivent traiter les relations sexuelles entre adolescents.
Le tribunal a estimé que les jeunes ne devraient plus faire systématiquement l’objet de poursuites pénales lorsqu’il s’agit de relations consenties entre mineurs proches de l’âge légal. La décision appelle également à une révision de l’approche policière et judiciaire, avec une distinction claire entre consentement et abus.
Vers une remise en cause de la criminalisation des adolescents
Jusqu’ici, de nombreux cas impliquant des adolescents au Kenya donnaient lieu à des poursuites pénales, souvent pour des infractions assimilées à des atteintes sexuelles, même dans des situations de relations consenties.
La Haute Cour estime désormais que cette approche contribue à une surcriminalisation des mineurs et détourne les autorités des véritables enjeux de protection, notamment les violences sexuelles et les cas d’exploitation.
Les juges ont également insisté sur la nécessité de réorienter les efforts publics vers la prévention et l’éducation, plutôt que vers des sanctions pénales automatiques.
Un appel renforcé à l’éducation sexuelle et à la prévention
Dans sa décision, la juridiction met en avant la nécessité de renforcer l’accès des adolescents à l’éducation sexuelle et à l’information en matière de santé reproductive.
Ce point reste particulièrement sensible au Kenya, où ces sujets sont régulièrement débattus dans un contexte marqué par l’influence des institutions religieuses et des résistances sociales à l’éducation sexuelle complète.
Pour la Cour, une meilleure information des jeunes constitue un levier essentiel pour réduire les risques, prévenir les abus et améliorer la protection des mineurs.
Une affaire portée par des organisations internationales
L’affaire a été introduite devant la justice par le Center for Reproductive Rights, une organisation basée aux États-Unis, agissant au nom de trois adolescents kényans.
Parmi eux, un jeune homme de 17 ans arrêté en 2025 après une intervention policière à son domicile, où il vivait avec une adolescente de 16 ans, avait été poursuivi pour détournement de mineure.
Deux autres requérants avaient également été impliqués dans des procédures judiciaires liées à des relations adolescentes ayant abouti à une parentalité précoce, avant que les poursuites ne soient abandonnées.
Une jurisprudence appelée à influencer les politiques publiques
La Haute Cour a demandé aux forces de l’ordre et aux procureurs d’adopter une approche plus nuancée, distinguant clairement les situations d’abus des relations consenties entre adolescents.
Cette décision pourrait ouvrir la voie à une réforme plus large du système judiciaire kényan concernant les droits sexuels et reproductifs des mineurs, ainsi que les politiques d’éducation et de prévention.
La Rédaction
Source
D’après une décision de la Haute Cour du Kenya et des informations relayées par des organisations de défense des droits humains et médias internationaux.

