Après les premières contaminations familiales, trois professionnels de santé ont été diagnostiqués positifs au virus Ebola-Bundibugyo. Le Kenya compte désormais sept cas, dont un décès. Tous les nouveaux malades étaient déjà en quarantaine, un élément déterminant pour empêcher une propagation plus large.
Le Kenya affronte une nouvelle étape dans sa lutte contre Ebola. Samedi 17 octobre, le ministère de la Santé a annoncé quatre infections supplémentaires, portant le bilan national à sept cas confirmés, dont un décès. Parmi les nouveaux malades figurent trois soignants ayant pris en charge le premier patient à Nairobi, ainsi qu’un membre de sa famille. L’homme, revenu de République démocratique du Congo (RDC), était décédé le 5 octobre.
Jusqu’au vendredi 16 octobre, les deux contaminations secondaires connues concernaient des proches du défunt, dont une femme de 65 ans. L’apparition de cas parmi les soignants souligne désormais les risques de transmission lors de la prise en charge médicale. Tous les cas signalés restent néanmoins liés à une même chaîne de contacts identifiée.
Des infections repérées pendant la quarantaine
Les trois professionnels de santé, deux hommes et une femme, avaient assisté le premier malade les 3 et 4 octobre. Ils étaient en quarantaine depuis le 9 octobre. Le quatrième patient, apparenté au défunt, était surveillé depuis le 6 octobre. Les quatre personnes ont développé de la fièvre avant d’être isolées, testées et prises en charge. Les deux malades diagnostiqués auparavant sont décrits comme stables et répondant aux soins de soutien.
Cette détection précoce limite les possibilités de nouvelles expositions, sans exclure la découverte d’autres infections parmi les personnes déjà suivies. Elle montre aussi pourquoi la protection des équipes hospitalières est indispensable face à un virus transmis notamment par contact direct avec des fluides corporels infectés.
Deux contacts restent à retrouver
Sur 130 personnes identifiées après l’arrivée du premier malade, 128 ont été retrouvées et placées en quarantaine, soit 98,5 %. Les autorités poursuivent la recherche des deux autres et renforcent les contrôles sanitaires aux frontières et dans les aéroports. Aucune restriction générale de déplacement ou de rassemblement n’a été annoncée.
Le gouvernement souligne qu’aucune transmission communautaire n’a été mise en évidence. Cette précision ne signifie pas l’absence de contaminations au Kenya : plusieurs infections y ont bien eu lieu. Elle indique qu’à ce stade, les nouveaux malades appartiennent à une chaîne de transmission connue, sans foyer indépendant identifié.
La crise congolaise derrière l’alerte kényane
Le premier patient avait rejoint Nairobi le 3 octobre après un trajet depuis la RDC via l’Ouganda. En RDC, l’épidémie d’Ebola-Bundibugyo, déclarée en mai, dépassait 9 000 infections et 4 300 décès selon le dernier bilan communiqué. Aucun vaccin ni traitement spécifique n’est actuellement homologué contre ce virus, ce qui renforce l’importance du dépistage rapide, de l’isolement et des soins de soutien.
Pour le Kenya, la priorité est désormais d’éviter que les contaminations connues ne débouchent sur une circulation moins facilement traçable. L’augmentation du bilan appelle à la vigilance ; l’identification des cas en quarantaine indique cependant que le dispositif de surveillance parvient, pour l’heure, à détecter les infections dans le cercle des personnes exposées.
La Rédaction

