Les marques de luxe, de Gucci à Burberry, sont en difficulté alors que les consommateurs asiatiques, autrefois friands de dépenses extravagantes, adoptent désormais une approche plus prudente. Le quartier de Ginza à Tokyo, symbole du luxe, voit ses vitrines se remplir de touristes chinois en quête de bonnes affaires, profitant de la faiblesse du yen pour acquérir des articles à des prix plus compétitifs que ceux pratiqués en Chine continentale, à Hong Kong, ou en Europe.
Une chute des ventes en Asie-Pacifique
Les consommateurs chinois, qui ont été un moteur essentiel de la croissance du luxe ces deux dernières décennies, révisent leurs habitudes de consommation en raison des incertitudes économiques. Les grandes marques ressentent l’impact de cette prudence. Burberry et Gucci, par exemple, ont enregistré des baisses significatives de leurs ventes dans la région Asie-Pacifique, à l’exception notable du Japon. La maison mère de Gucci, Kering, a vu ses actions chuter de 8 % le 22 juillet dernier après avoir annoncé une baisse potentielle de 30 % de son revenu d’exploitation au second semestre de cette année.
Les géants du luxe en difficulté
La valeur de Kering, qui possède également Yves Saint Laurent et Balenciaga, a plongé à 37 milliards d’euros, son plus bas niveau en sept ans. En comparaison, LVMH, qui domine le secteur avec une valeur de 326 milliards d’euros, est lui aussi touché par cette crise. La croissance de ses ventes est en berne, et sa valeur a reculé de 9 % depuis le début de l’année. Malgré tout, LVMH reste confiant, misant sur l’attrait intemporel de ses marques phares comme Louis Vuitton et Dior.
Les marques premium résistent mieux
Les marques les plus prestigieuses, comme Hermès, parviennent à tirer leur épingle du jeu. Hermès a annoncé une augmentation de 13 % de ses ventes au deuxième trimestre de cette année, démontrant que les marques capables de maintenir des prix élevés s’en sortent mieux. En revanche, les petites marques de luxe, comme Burberry, rencontrent davantage de difficultés à s’aligner sur des géants comme Chanel ou Louis Vuitton. Burberry a d’ailleurs récemment remplacé son directeur général dans une tentative de repositionnement stratégique.
L’élévation de la marque en question
La stratégie d’élévation de la marque, qui consiste à rendre les produits plus exclusifs et plus chers, montre ses limites. Même LVMH, pourtant maître en la matière, rencontre des défis, notamment avec Tiffany & Co., sa filiale acquise en 2020. Les ventes de montres et de bijoux ont baissé au premier semestre, soulignant la difficulté de maintenir un positionnement haut de gamme dans un marché en mutation rapide.
Vers une reprise ou une restructuration ?
Alors que certaines entreprises espèrent un retour à la croissance en 2025, la réalité reste incertaine. Les produits de luxe, par nature non essentiels, pourraient subir des ajustements durables si la prudence des consommateurs perdure. Les acteurs du secteur devront faire preuve de résilience et d’adaptabilité pour naviguer dans ce contexte incertain.
La Rédaction

