La chanteuse malienne, Rokia Traoré a été condamnée en Belgique dans une affaire de non-représentation d’enfant. Elle a été arrêtée en juin à Rome, où elle venait d’atterrir pour donner un concert. Son avocate dénonce une injustice, cet avis n’est pas partagé.
Rokia Traoré devrait être transférée aux autorités belges dans les prochains jours, a annoncé mercredi son avocate italienne, Maddalena Claudia Del Re. La Cour de cassation à Rome a rejeté mardi le recours de célèbre la chanteuse malienne contre sa remise à la Belgique.
La chanteuse et guitariste avait été arrêtée juin à l’aéroport Fiumicino de Rome, où elle venait d’atterrir pour donner un concert dans le pays, à la suite d’une condamnation en Belgique dans une affaire de non-représentation d’enfant. Le parquet de Bruxelles avait précisé que son arrestation faisait suite « à une décision du tribunal correctionnel de Bruxelles du 18 octobre 2023 ayant condamné l’intéressée, par défaut, à une peine de deux ans d’emprisonnement du chef de non-représentation d’enfant » à la personne en ayant la garde.
« Rokia a été condamnée à deux ans de prison lors d’un procès qui s’est déroulé à Bruxelles sans qu’elle en ait été informée, en son absence et sans qu’elle ait pu être défendue par un avocat, en violation des droits de la défense et du principe du procès équitable », a estimé son avocate italienne mercredi, qui dénonce « une injustice ». « Elle a été arrêtée sans que le tribunal pénal belge n’entende sa voix », a-t-elle abondé, ajoutant qu’« aujourd’hui, la bataille pour les droits de Rokia se déplace à Bruxelles ».
« J’ai peur, je ne me sens pas en sécurité. Depuis plus de cinq ans, j’ai peur en permanence », a écrit la chanteuse dans une lettre adressée à la justice italienne. « Le père citoyen belge a décidé de ne plus voir son enfant en attendant qu’elle lui soit livrée, tous frais payés, sur le territoire belge. (…) Et c’est moi qui suis en prison, traitée comme une criminelle, et ce sont mes enfants qui souffrent de n’avoir jamais été pris en compte par la justice belge », a-t-elle ajouté.
Sven Mary, avocat de Jan Goossens, a assuré que les droits de la défense de Rokia Traoré avaient toujours été respectés contrairement à ce qu’affirme son avocate italienne. Mais « depuis des années, Rokia Traoré a choisi d’ignorer la justice belge, de ne pas se faire représenter, ainsi que de bafouer les jugements familiaux belges qui ont tenté de rétablir l’équilibre entre la mère et le père », a ajouté Me Mary. Il a souligné que Jan Goossens ne réclamait pas la garde exclusive de leur fille mais seulement de « passer les vacances en Belgique » avec elle. « Jan Goossens et le tribunal belge veulent des solutions équilibrées », or Rokia Traoré « refuse à sa fille tout contact avec son père (…) depuis mars 2019 », a protesté Sven Mary.
Rokia avait déjà été arrêtée à Paris et incarcérée durant une dizaine de jours à la prison de Fleury-Mérogis, en vertu d’un mandat d’arrêt européen, car un tribunal belge lui avait ordonné de rendre sa fille mineure au père belge de l’enfant, Jan Goossens. Elle avait rompu son contrôle judiciaire et est rentrée au Mali, à bord d’un avion privé depuis l’aéroport du Bourget, avec sa fille.
La Rédaction
Italie. Nouveau rebondissement dans l’Affaire Rokia Traoré, la chanteuse malienne condamnée en Belgique
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