Le 21 novembre, le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a adopté une résolution marquant un tournant dans les relations entre l’Iran et les puissances occidentales. Ce texte, rédigé par le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne (E3), en collaboration avec les États-Unis, exprime des inquiétudes concernant les « activités nucléaires profondément préoccupantes » de Téhéran et son escalade dans ce domaine. Bien que la résolution ait principalement une portée symbolique, elle rappelle à l’Iran ses « obligations légales » en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) de 1970. Votée par 19 des 35 membres du Conseil, elle met en lumière l’accumulation par l’Iran d’uranium hautement enrichi, suffisant pour fabriquer « quatre armes nucléaires », une situation considérée comme une menace pour la sécurité internationale.
Selon Clément Therme, spécialiste de l’Iran, cette résolution intervient dans un contexte de tensions grandissantes avec Téhéran. Contrairement à l’ère Trump, où l’Europe était un acteur clé dans les négociations, l’attitude des puissances européennes a évolué. Elles sont désormais davantage préoccupées par les menaces conventionnelles liées à l’Iran, notamment son soutien à la Russie dans le cadre du conflit en Ukraine, ainsi que par des questions relatives aux droits humains et à la diplomatie des otages.
De son côté, l’Iran continue de défendre son droit au nucléaire civil tout en rejetant les accusations de vouloir développer une arme atomique. Le 22 novembre, quelques heures après l’adoption de la résolution, Téhéran a annoncé la mise en service de « nouvelles centrifugeuses avancées ». Bien que l’Iran ait accepté de limiter son stock d’uranium enrichi à 60 % lors de la visite du chef de l’AIEA, Rafael Grossi, cette offre a été rejetée par les pays européens, qui lui reprochent un manque de coopération sur des sites non déclarés.
Les experts estiment que l’Iran ne prendra pas de mesures radicales, se contentant de jouer sur les craintes des pays occidentaux concernant son programme nucléaire. Selon Therme, l’Iran semble être dans une position délicate, sa seule option viable étant de renforcer ses liens avec la Russie, qui lui fournit des drones et des missiles en échange de technologies avancées dans des secteurs clés comme le cyberespace, l’armement et l’aéronautique.
La question du retour de Donald Trump à la Maison-Blanche reste cruciale pour l’avenir des relations avec l’Iran. Après avoir quitté l’accord nucléaire de 2015 (JCPOA) et réimposé des sanctions en 2018, Trump pourrait adopter une rhétorique plus dure, notamment en faveur de la « pression maximale ». Cependant, son antagonisme avec la Chine, principal acheteur du pétrole iranien, pourrait limiter sa capacité à exercer des pressions supplémentaires sur Téhéran, augmentant le risque d’une coopération renforcée entre l’Iran et la Russie.
La Rédaction

