La province du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), est actuellement le théâtre d’une escalade de violence. Le groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda, a récemment capturé la ville stratégique de Nyabibwe, située à environ 70 km au nord de Bukavu, la capitale provinciale. Cette offensive constitue une violation du cessez-le-feu unilatéral que le M23 avait annoncé précédemment.
Les affrontements opposent les Forces armées de la RDC (FARDC) et leurs alliés locaux, les Wazalendo, au M23 et aux forces rwandaises. Les combats se concentrent actuellement autour de Nyabibwe, dans le territoire de Kalehe. Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a déclaré que les positions de l’armée avaient été attaquées, accusant le M23 d’avoir rompu le cessez-le-feu qu’il avait lui-même décrété le 3 février 2025.
Cette intensification des combats a entraîné des déplacements massifs de populations, exacerbant une crise humanitaire déjà préoccupante. Les Nations unies et la Cour pénale internationale ont exprimé leurs inquiétudes face à la détérioration de la situation sécuritaire et aux violations des droits de l’homme signalées, notamment des exécutions sommaires et des viols en réunion.
Parallèlement, au moins 75 soldats congolais sont sur le point d’être jugés pour avoir fui les lignes de front dans le Sud-Kivu et commis des actes de violence, y compris des meurtres et des pillages, contre des civils. Ces accusations font suite à leur retraite face à l’avancée du M23, qui continue sa progression vers Bukavu.
La situation reste extrêmement volatile, avec des combats en cours et une crise humanitaire qui s’aggrave. Les efforts diplomatiques se poursuivent pour tenter de trouver une solution pacifique au conflit, mais les tensions régionales persistent, notamment en raison des accusations de soutien du Rwanda au M23, que Kigali dément.
La Rédaction

