Impossible de mettre la principale route du pays entre parenthèses en attendant sa transformation. Alors que le Togo projette de moderniser et de dédoubler progressivement la RN1 entre Lomé et Cinkassé, l’axe doit continuer à absorber voitures, autocars et poids lourds. Entre réhabilitation de la chaussée existante et préparation de futures voies à 2×2, le pays mène ainsi deux chantiers en un : préserver l’artère actuelle tout en construisant celle des prochaines décennies.
À l’approche de Sokodé, cette stratégie prend une forme concrète. Entre Aouda et la capitale de la région Centrale, une vingtaine de kilomètres de chaussée ont été repris et élargis, améliorant déjà les conditions de circulation.
Ces travaux s’insèrent dans un chantier plus vaste entre Aouda et Aléhéridè. En mai dernier, son avancement physique atteignait près de 41 %. En septembre, un audit technique portant sur 47,76 kilomètres de chaussée entre Aouda, Tchalo, Tchalanidè et Aléhéridè a également été engagé dans le cadre du projet de corridor économique Lomé-Ouagadougou-Niamey.
Une route à entretenir pendant sa propre transformation
C’est toute la difficulté de la RN1. Le Togo ambitionne de faire évoluer cette dorsale vers un axe moderne et dédoublé. Le projet de l’« Autoroute de l’Unité » porte sur environ 667 kilomètres entre Lomé et Cinkassé et doit être réalisé progressivement.
Mais cette ambition de long terme ne suspend pas les besoins immédiats. Une chaussée dégradée rallonge les déplacements, pèse sur les véhicules et ralentit le transport. Certaines sections doivent donc être réparées, renforcées ou élargies pendant que se prépare une transformation beaucoup plus profonde de l’axe.
Cette logique explique la coexistence de plusieurs chantiers. À Sokodé, une voie de contournement de 16 kilomètres est notamment en construction afin de détourner une partie du trafic, en particulier les poids lourds, du centre-ville. Le projet représente 21,5 milliards de FCFA, financés principalement par le Japon à travers la JICA, avec une contribution togolaise.
Du sud au nord, la RN1 se transforme par étapes
Plus au sud, le changement d’échelle se prépare entre Togblékopé et Atakpamé. Sur environ 145 kilomètres, le projet prévoit la reconstruction, le renforcement et l’élargissement de la RN1. Les opérations de libération des emprises engagées dans les collectivités concernées constituent un préalable au lancement du chantier.
La future RN1 ne prendra donc pas forme en une seule fois. Sa transformation avance par séquences : dédoublement aux portes de Lomé, préparation des emprises vers Atakpamé, réhabilitation dans la région Centrale, contournement de Sokodé et interventions sur d’autres portions.
Derrière cette succession de travaux se trouve un même enjeu stratégique. La RN1 relie le port de Lomé à l’intérieur du territoire puis à la frontière burkinabè. Elle constitue l’axe majeur du corridor togolais vers les pays de l’hinterland, notamment le Burkina Faso, le Niger et le Mali. Son état influence ainsi autant les déplacements entre les villes togolaises que la circulation régionale des marchandises.
Le véritable défi est là : transformer une route déjà indispensable sans attendre la future autoroute pour améliorer l’existante. Sur la RN1, le Togo doit donc préparer l’infrastructure de demain tout en maintenant en mouvement celle dont son économie et ses territoires ont besoin aujourd’hui.
La Rédaction

