Du 21 au 25 juillet 2026, l’International Djogja Earthsounds Fest réunit à Yogyakarta artistes, chercheurs et détenteurs de traditions autour d’un même enjeu : préserver les patrimoines sonores tout en repensant la relation entre l’être humain et son environnement.
Yogyakarta – Le son peut-il devenir un langage écologique ? C’est la conviction portée par l’International Djogja Earthsounds Fest, qui s’ouvre le 21 juillet à l’Institut Seni Indonesia Yogyakarta. Placée sous le thème « Sacred Sound, Shared Earth », l’édition 2026 croise musiques rituelles, arts visuels, recherche universitaire et sensibilisation environnementale.
Des traditions sonores comme mémoire vivante
La première journée s’articule autour du dialogue culturel « Jalin Nada Nusantara », consacré à la préservation des musiques rituelles et à l’éco-spiritualité. Dans de nombreuses communautés, les chants, les percussions et les instruments traditionnels accompagnent les cérémonies, les cycles agricoles et les relations avec les ancêtres.
En les plaçant au cœur du festival, les organisateurs rappellent que ces pratiques ne constituent pas de simples formes de divertissement. Elles transmettent une vision du monde, des savoirs et une mémoire intimement liée aux territoires.
L’art face à l’urgence écologique
Des mini-concerts d’ethnomusicologie, des ateliers et des rencontres permettent d’explorer la diversité des paysages sonores menacés. L’objectif est aussi de montrer que la disparition d’un environnement peut entraîner celle des pratiques culturelles qui lui sont associées.
Le festival défend ainsi une approche élargie de l’écologie : préserver la nature suppose également de protéger les chants, les rituels et les récits par lesquels les sociétés expriment leur rapport au vivant.
« Local Earth », créer autrement
L’exposition « Local Earth » prolonge cette réflexion à travers des installations réalisées à partir de matériaux naturels, recyclés ou biodégradables. Les œuvres interrogent la responsabilité des artistes face à la consommation des ressources et proposent des formes de création plus attentives à leur environnement.
En associant arts visuels, musique et recherche, l’IDEF transforme le campus de l’Institut Seni Indonesia en laboratoire de transmission et d’expérimentation.
Yogyakarta, carrefour des traditions et de la création
Capitale culturelle de l’Indonésie, Yogyakarta offre un cadre particulièrement adapté à cette rencontre. Les traditions javanaises y côtoient depuis longtemps les arts contemporains et les recherches universitaires.
Jusqu’au 25 juillet, l’International Djogja Earthsounds Fest invite ainsi le public à réapprendre à écouter : écouter les musiques anciennes, les communautés qui les transmettent et, à travers elles, une Terre dont les patrimoines naturels et culturels demeurent étroitement liés.
La Rédaction

