L’Union européenne s’apprête à moderniser son dispositif frontalier avec l’entrée en vigueur, le 12 octobre prochain, du Système d’entrée/sortie (EES). Ce nouvel outil numérique vise à mieux contrôler les déplacements des voyageurs non-européens franchissant les frontières extérieures de l’espace Schengen.
Une réforme majeure pour les voyageurs hors UE
Longtemps repoussé, le Système d’entrée/sortie (EES) deviendra réalité cet automne. Concrètement, il s’agit d’un système automatisé d’enregistrement qui remplacera le cachet manuel apposé sur les passeports. Il concernera tous les voyageurs ressortissants de pays tiers, y compris les touristes britanniques, américains ou canadiens, à chaque passage aux frontières de l’espace Schengen.
Les données collectées incluront :
• le nom du voyageur,
• les dates d’entrée et de sortie,
• le type de document de voyage utilisé,
• ainsi que des données biométriques : empreintes digitales et photo faciale.
Ce dispositif permettra aussi d’identifier plus facilement les personnes qui dépassent la durée autorisée de séjour (90 jours sur 180).
Une mise en œuvre progressive
Selon la Commission européenne, le déploiement de l’EES commencera le 12 octobre et s’étalera sur une période de six mois. Chaque État membre adaptera progressivement ses infrastructures frontalières. D’ici avril 2026, le système sera pleinement opérationnel dans tous les points d’entrée terrestres, aériens et maritimes de l’espace Schengen.
Certains pays comme le Royaume-Uni anticipent déjà ces changements. À Londres, le terminal Eurostar de St Pancras doublera le nombre de bornes automatiques et mobilisera davantage de personnel pour éviter des retards.
Un système pour fluidifier… mais aussi surveiller
L’objectif officiel de l’EES est de renforcer la sécurité aux frontières tout en facilitant les passagesgrâce à l’automatisation. Mais la transition risque de provoquer des embouteillages temporaires, notamment aux aéroports et aux gares internationales.
Les voyageurs devront désormais scanner leur passeport à une borne libre-service, effectuer un relevé biométrique au premier passage, puis utiliser leurs données stockées pour les passages suivants, valables pendant trois ans.
Les citoyens de l’UE, les résidents permanents et les détenteurs de visas de long séjour ne sont pas concernés.
Une étape avant l’ETIAS en 2026
L’EES précède un autre changement de taille : l’entrée en vigueur de l’ETIAS, un système d’autorisation de voyage similaire à l’ESTA américain. Initialement prévu pour 2024, ce système sera appliqué fin 2026, après une période de transition.
L’ETIAS imposera aux ressortissants de 60 pays exemptés de visa de demander une autorisation préalable en ligne avant leur arrivée. Coût : 20 euros. L’autorisation sera liée électroniquement au passeport, valable trois ans.
Une communication accrue auprès des voyageurs
À l’approche du lancement, des campagnes d’information seront menées dans les aéroports et aux postes-frontières. L’objectif : accompagner les voyageurs dans cette nouvelle expérience numérique, éviter la confusion et limiter les ralentissements.
L’Union européenne espère, avec l’EES, affirmer sa souveraineté technologique tout en renforçant la sécurité intérieure. Une ambition affirmée par Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive chargée de la sécurité et de l’innovation numérique :
« Ce lancement constitue une étape supplémentaire pour faire de l’UE la destination de voyage la plus avancée au monde. »
La Rédaction

