Alors que le monde entier suit de près les avancées technologiques lors du Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle (IA) à Paris, du 10 au 11 février 2025, le Togo y affiche ses ambitions : devenir un modèle d’innovation inclusive en Afrique. Représenté par Cina Lawson, ministre de l’Économie numérique, le pays a coorganisé une conférence intitulée « L’IA au service du développement », mettant en lumière ses initiatives pour intégrer cette technologie dans des secteurs stratégiques comme l’agriculture, l’énergie et la gouvernance publique.
De Paris à Lomé : une stratégie d’innovation multisectorielle
Le Togo ne se limite pas aux discours. Depuis novembre 2024, les discussions « Autour de l’IA » ont permis de structurer une feuille de route nationale, soutenue par des projets concrets :
• CAVRIS à Kara : Ce Fab Lab a déjà incubé 30 innovateurs, avec la création de 7 entreprises et le financement de 10 projets.
• UVI2A à Lomé : Spécialisé dans l’agroalimentaire, cet incubateur a accompagné 30 porteurs de projets, dont 10 ont bénéficié de fonds d’amorçage.
Ces structures s’inscrivent dans un programme plus vaste, incluant des initiatives comme le Projet VaRRIWA et des partenariats public-privé soutenus par des événements tels que le Salon de la valorisation de la recherche en Afrique de l’Ouest.
L’agriculture, laboratoire de l’innovation togolaise
Parallèlement, le FoPAT 2025 (Forum des Producteurs Agricoles du Togo) incarne les efforts pour moderniser le secteur agricole. Des drones, développés par des start-ups locales comme celle de l’entrepreneur Crépin Soou, surveillent désormais quotidiennement 10 hectares de terres, optimisant ainsi la gestion des récoltes. Le gouvernement a également diffusé des technologies sur 120 000 hectares, impactant 225 000 producteurs, avec des innovations telles que des séchoirs solaires et des batteuses multifonctions, qui ont permis d’augmenter les rendements de 8 à 10 %.
Vers un écosystème financier dédié
Afin de pérenniser ces avancées, le Togo développe un dispositif intégré de financement pour soutenir les innovateurs à chaque étape de leur parcours. Ce système viendra compléter des programmes existants, tels que le FAIEJ (Fonds d’Appui aux Initiatives Économiques des Jeunes), un levier crucial pour l’entrepreneuriat agricole.
Des partenariats internationaux au service du climat
Le pays renforce également ses collaborations dans des domaines stratégiques. Lors du sommet parisien, Cina Lawson a souligné l’importance d’un équilibre entre innovation et régulation, notamment en ce qui concerne l’impact environnemental de l’IA. Le Togo mise sur des partenariats avec des acteurs comme l’AFD (Agence Française de Développement) pour développer une agriculture résiliente face aux défis climatiques, alliant agroécologie et intelligence artificielle.
Une vision 2030 en marche
À travers la publication de la revue Études Togolaises et une participation active aux événements mondiaux, le Togo construit un écosystème d’innovation qui, tout en étant ancré dans ses réalités locales, est résolument tourné vers le monde. Alors que le pays se prépare déjà pour la prochaine édition du FoPAT et finalise son cadre financier intégré, il se positionne comme un laboratoire de solutions durables où technologie et inclusion se nourrissent mutuellement.
La Rédaction

