Alors que l’Afrique renforce son intégration économique, le Togo et la Namibie redéfinissent en 2025 les contours d’une coopération pragmatique et structurante, au-delà des symboles diplomatiques. À Lomé, une délégation de 40 entreprises namibiennes, conduite par le ministre du Commerce, a conclu à la mi-juin plusieurs accords concrets. L’agro-industrie et l’énergie se positionnent comme les piliers d’une alliance tournée vers la souveraineté économique partagée.
Trois secteurs au centre de la relance
• Agrobusiness transcontinental : Le protocole signé en mars 2025 sur la transformation des noix de cajou togolaises (le Togo étant le premier producteur en Afrique de l’Ouest) prévoit leur exportation vers la Namibie. Windhoek s’assure ainsi une filière d’approvisionnement durable, tandis que le Togo valorise sa production par la transformation locale.
• Énergies renouvelables : Le groupe togolais Volta Green Energy et la société publique NamPoweront lancé un projet pilote de transfert de technologies solaires hors-réseau. Objectif : électrifier 100 000 ménages ruraux namibiens d’ici 2027.
• Corridor logistique sud-ouest africain : Le port autonome de Lomé, désormais plateforme majeure dans la sous-région, devient un point stratégique d’exportation de matériel agricole « Made in Togo » vers l’Afrique australe.
Un fonds binational pour les PME innovantes
Autre levier fort : un fonds d’investissement conjoint de 15 milliards FCFA (environ 25 millions USD) vient d’être lancé pour appuyer les PME actives dans les biotechnologies et l’économie circulaire. Une initiative saluée par le chef de la délégation namibienne : « C’est un partenariat gagnant-gagnant ancré dans les réalités économiques. »
Une coopération géopolitique recalibrée
Cette relance s’inscrit dans la stratégie « Look West » de la Namibie, engagée depuis la crise des chaînes logistiques mondiales à diversifier ses partenaires africains. Côté togolais, elle renforce le positionnement du pays comme plaque tournante entre Afrique de l’Ouest et Afrique australe, dans la continuité de son adhésion à la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) en 2024.
Les deux États conviennent de la nécessité d’harmoniser les normes sanitaires, et d’optimiser le transit terrestre via l’Angola, encore considéré comme le dernier maillon à fluidifier selon une étude conjointe en cours.
La Rédaction

