Une nouvelle étude met en lumière l’aggravation des agressions sexuelles et la pénurie de soutien pour les survivantes à Port-au-Prince et ailleurs.
Depuis plusieurs années, les violences sexuelles sont un instrument de terreur utilisé par des groupes criminels en Haïti, visant à contrôler les communautés et intimider les populations. Selon un rapport récent de Médecins Sans Frontières (MSF), l’intensité et la brutalité de ces attaques ont considérablement augmenté, tandis que l’accès aux soins vitaux pour les survivantes reste largement insuffisant.
La clinique Pran Men’m, gérée par MSF à Port-au-Prince, a pris en charge près de 17 000 survivantes depuis 2015. Cependant, le nombre de personnes cherchant des soins a presque triplé depuis 2022. La plupart des agressions sont commises par plusieurs individus armés, impliquant souvent des menaces de mort et des violences sexuelles lors d’attaques ciblant des quartiers entiers. De nombreuses victimes sont également des déplacées vivant dans des sites temporaires où l’insécurité est constante.
Le rapport souligne que l’accès aux soins reste critique : depuis 2022, 67 % des survivantes arrivent à la clinique plus de trois jours après l’agression, réduisant l’efficacité de la prophylaxie post-exposition au VIH, et 59 % arrivent après cinq jours, perdant ainsi la possibilité de recourir à une contraception d’urgence. Les abris sûrs sont rares, et les orientations vers d’autres prestataires échouent fréquemment à cause de financements instables et de critères d’éligibilité restrictifs, excluant souvent les femmes enceintes, les mères ou celles nécessitant des soins continus.
MSF et Human Rights Watch appellent les autorités haïtiennes à renforcer le système de santé, assurer une prise en charge rapide et adaptée aux survivantes, et garantir leur accès à la justice et aux réparations. Les partenaires internationaux sont également invités à stabiliser et augmenter le financement des services de santé et de protection d’urgence afin de réduire les risques pour les survivantes et éviter qu’elles ne soient renvoyées dans des conditions dangereuses.
La Rédaction

