La localité de Pont-Sondé, dans l’Artibonite, vit sous la terreur après des attaques meurtrières menées ce week-end par le gang Gran Grif. Des hommes armés ont envahi la zone, tué plusieurs habitants, incendié des maisons et contraint des centaines de personnes à fuir vers Saint-Marc, où la colère a explosé lundi. Les manifestants ont pris d’assaut la mairie pour exiger la protection de l’État.
Malgré les alertes lancées depuis plusieurs jours par des responsables locaux, aucun renfort policiern’est arrivé. Près de 50 % de l’Artibonite serait désormais tombée sous le contrôle des gangs, alors que les forces haïtiennes et les policiers kenyans restés à Port-au-Prince peinent déjà à sécuriser la capitale.
Le gang Gran Grif, dirigé par Luckson Elan — récemment sanctionné par l’ONU et les États-Unis — consolide son emprise depuis son massacre d’octobre 2024 à Pont-Sondé, l’un des plus sanglants de l’histoire récente du pays. L’ONU alerte sur une explosion des homicides, passés de 419 à plus de 1 300 en un an dans l’Artibonite et le Centre, signe d’une montée en puissance incontrôlée des groupes criminels.
Face à cette spirale de violence, le silence du gouvernement alimente la défiance. De nombreux habitants disent avoir perdu confiance dans la capacité de l’État à garantir leur sécurité. Pour beaucoup, Pont-Sondé n’est plus seulement un territoire attaqué : c’est le symbole d’un pays qui s’effrite sous les coups des gangs.
La Rédaction

