Le Kenya a déployé 217 policiers supplémentaires en Haïti, consolidant ainsi une première vague de 400 agents envoyés en 2024 pour épauler la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), mandatée par les Nations unies. L’objectif reste ambitieux : endiguer la violence des gangs qui, selon l’ONU, contrôlent 85 % de la capitale, Port-au-Prince.
Un contexte de violences endémiques
Malgré les efforts déployés par la mission onusienne depuis juin 2024, les violences n’ont cessé de croître. Selon les derniers chiffres, 5 601 personnes ont été tuées en 2024, soit une augmentation de plus de 1 000 victimes par rapport à l’année précédente. Parallèlement, le nombre de personnes déplacées dépasse désormais un million, un niveau record en Haïti, souligne l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Sur X (anciennement Twitter), le ministre kényan de l’Intérieur, Kipchumba Murkomen, a néanmoins vanté les “progrès remarquables” réalisés par la mission dirigée par son pays, qui auraient reçu des éloges au niveau mondial, y compris de la part des administrations américaines sortante et entrante.
Un engagement controversé
En septembre 2024, le président kényan William Ruto avait annoncé son intention de mobiliser un total de 2 500 policiers pour Haïti d’ici janvier 2025. Le Conseil de sécurité de l’ONU a prolongé la mission en septembre dernier, sans pour autant répondre à la demande des autorités haïtiennes de transformer cette opération en une force officielle des Nations unies.
Cependant, cette implication du Kenya suscite des débats sur son propre sol. Des organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, ont exprimé leurs préoccupations, notamment sur le financement de l’opération et sur les accusations d’abus visant les forces kényanes. Ces critiques font écho à des accusations de recours à une force excessive et d’exécutions extrajudiciaires lors des manifestations antigouvernementales qui ont secoué le Kenya en 2024.
Haïti face à l’impasse sécuritaire
Les violences des gangs, couplées à une crise humanitaire aiguë, placent Haïti dans une situation critique. Alors que le Kenya continue de renforcer son contingent, des interrogations subsistent sur la capacité de la communauté internationale à répondre durablement à la détérioration sécuritaire dans cette nation des Caraïbes.
En publiant des images des policiers kényans en uniforme à bord d’un avion, le ministre Murkomen a rappelé l’engagement de son pays à jouer un rôle de premier plan dans ces efforts. Néanmoins, des solutions à plus long terme restent nécessaires pour alléger le fardeau sécuritaire pesant sur Haïti.
La Rédaction

