Dans la commune Haho 3, un programme pilote combine restauration des berges, agriculture durable et autonomisation des ménages face à la pression climatique
À Kpédomé, dans la commune Haho 3, un nouveau projet de restauration environnementale place le fleuve Yoto au cœur d’une approche intégrée mêlant protection des berges, transition agroécologique et renforcement de la résilience communautaire. Lancée le 19 mai 2026, l’initiative marque une tentative structurée de répondre à la dégradation progressive des écosystèmes riverains.
Porté par l’ONG Alliance chrétienne pour le développement intégral (ACDI) Alliance chrétienne pour le développement intégral en partenariat avec les autorités locales et des acteurs internationaux du développement dont le Programme des Nations unies pour le développement Programme des Nations unies pour le développement et le Fonds pour l’environnement mondial Fonds pour l’environnement mondial, le projet s’inscrit dans une logique de lutte contre les effets combinés de l’érosion des sols et des changements climatiques.
Un corridor écologique sous pression
Le bassin du fleuve Yoto fait face à une pression croissante liée aux pratiques agricoles intensives, à la déforestation et à la fragilisation des berges. Cette dynamique accentue la vulnérabilité des terres cultivables et menace l’équilibre hydrologique local.
Le programme vise ainsi à stabiliser les berges tout en réorganisant les usages agricoles autour de pratiques plus durables et moins destructrices pour les sols.
Une approche hybride : restauration écologique et économie rurale
Au cœur du dispositif, la stratégie repose sur une combinaison d’actions environnementales et socio-économiques. Elle prévoit notamment le renforcement des capacités de producteurs aux techniques de compostage et d’aménagement durable des terres, ainsi que la restauration de surfaces agricoles dégradées.
Le projet intègre également un volet de reboisement à grande échelle, avec la mise en terre de milliers de plants destinés à reconstituer le couvert végétal le long des berges.
En parallèle, un appui est apporté à des ménages ruraux à travers des activités d’élevage de petits ruminants, afin de diversifier les sources de revenus et réduire la pression sur les terres agricoles.
Gouvernance locale et ancrage communautaire
La mise en œuvre repose sur une architecture locale impliquant les communautés riveraines et les autorités communales. Des comités de pilotage sont installés dans plusieurs localités situées de part et d’autre du fleuve, afin d’assurer un suivi continu des actions et une appropriation par les populations.
Les acteurs institutionnels soulignent l’importance de cette gouvernance de proximité dans la durabilité des interventions, notamment dans un contexte où les enjeux fonciers et environnementaux sont étroitement liés.
Une déclinaison locale des engagements climatiques nationaux
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique nationale de restauration des écosystèmes et de reboisement, portée par les politiques publiques environnementales visant une augmentation significative du couvert végétal à l’horizon 2030.
En misant sur l’articulation entre agriculture durable, restauration des sols et autonomisation économique, le projet du fleuve Yoto se positionne comme un laboratoire local de résilience face aux changements climatiques.
La Rédaction

