Le gouvernement équatorien continue d’autoriser l’extraction de pétrole dans le Parc national de Yasuni, malgré un référendum de 2023 appelant à sa cessation. Human Rights Watch exhorte Quito à respecter la volonté des citoyens et à fermer immédiatement les puits du bloc Ishpingo-Tambococha-Tiputini (bloc ITT).
Un référendum historique ignoré
Le 20 août 2023, les Équatoriens ont voté majoritairement pour l’arrêt des opérations pétrolières dans le bloc ITT, situé dans l’une des zones les mieux préservées de l’Amazonie. Cette décision faisait suite à des décennies de plaidoyer mené par des peuples autochtones, des jeunes et des activistes environnementaux.
Deux ans plus tard, la plupart des 240 puits continuent de produire du pétrole, alors que seulement une poignée a été fermée, selon les données officielles et médiatiques.
Les droits des peuples autochtones en jeu
Le Parc national de Yasuni abrite plusieurs communautés autochtones, dont les Waorani, les Kichwa, ainsi que les groupes isolés Tagaeri et Taromenane. L’exploitation pétrolière menace non seulement leur mode de vie, mais contribue aussi au changement climatique global.
Human Rights Watch souligne que la poursuite de l’extraction viole les droits de ces communautés. La Cour interaméricaine des droits de l’homme a confirmé en septembre 2024 que l’exploitation du bloc ITT devait cesser avant mars 2026.
Retards et promesses non tenues
Malgré les décisions de justice et le référendum, le gouvernement équatorien continue d’extraire environ 44 000 barils par jour dans le bloc ITT. Le président Daniel Noboa a créé un comité en mai 2024 pour planifier la fermeture des puits, mais celui-ci exclut la participation des communautés autochtones et de la société civile.
Les retards sont justifiés par le gouvernement au motif de la crise sécuritaire et de la complexité économique, prolongeant la fermeture prévue au-delà des délais fixés par les tribunaux.
Des solutions existent
Des économistes équatoriens ont proposé des mesures pour fermer le bloc ITT tout en minimisant l’impact sur les communautés et l’économie. Les dirigeants Waorani ont également formulé des principes garantissant le respect des droits autochtones.
Human Rights Watch appelle le gouvernement à :
• Mettre fin immédiatement à l’extraction pétrolière dans le bloc ITT.
• Élaborer un plan de fermeture accéléré et respectueux des droits humains.
• Assurer la participation des peuples autochtones dans toutes les décisions.
Une responsabilité internationale
Lors du 5ème Sommet de l’Organisation du Traité de coopération amazonienne (OTCA) le 22 août 2025 en Colombie, les dirigeants régionaux, y compris le président équatorien, doivent renforcer la protection de l’Amazonie. Le respect des engagements climatiques et la protection des communautés autochtones sont essentiels pour limiter les risques liés aux combustibles fossiles.
« L’Équateur doit agir conformément aux résultats du référendum de 2023 et aux décisions judiciaires pour protéger la forêt amazonienne et les droits des communautés autochtones », conclut Richard Pearshouse, de Human Rights Watch.
La Rédaction

