La Guinée est plongée dans la campagne pour le référendum constitutionnel prévu ce dimanche 21 septembre 2025. Dominée par la junte du général Mamadi Doumbouya, la consultation vise officiellement à instaurer une nouvelle constitution, mais elle suscite de vives critiques de l’opposition.
L’appel au boycott de Cellou Dalein Diallo
Cellou Dalein Diallo, leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) et figure emblématique de l’opposition, est en exil depuis trois ans. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, vêtu de son costume-cravate bleu marine, il a lancé un appel clair au boycott.
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Selon lui, ce scrutin n’est qu’une « mascarade » destinée à légitimer le coup d’État de 2021. « Restez chez vous, car même si vous votez “non”, votre vote sera compté comme un “oui” », avertit-il. Diallo accuse le général Doumbouya de renier ses engagements post-putsch et d’utiliser le référendum pour assurer sa pérennité au pouvoir.
Une constitution contestée
Le projet de constitution prévoit :
• La création d’un Sénat.
• L’allongement du mandat présidentiel de cinq à sept ans, renouvelable une fois.
• L’extension des pouvoirs présidentiels, permettant au général Doumbouya de se présenter à la présidentielle malgré ses promesses contraires.
Ces dispositions renforcent le pouvoir exécutif et suscitent l’inquiétude de l’opposition.
Une opposition muselée
Les partis opposés sont largement réduits au silence :
• Médias indépendants fermés
• Suspension des principaux partis d’opposition, dont l’UFDG
• Manifestations interdites
Cette situation crée un climat de répression politique et limite l’expression de toute voix dissidente.
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La campagne gouvernementale
Le gouvernement continue de promouvoir le « oui ». Le porte-parole Ousmane Gaoual Diallo, interrogé sur RFI, a mis au défi l’opposition de proposer une alternative crédible, tout en affirmant que le retour à l’ordre constitutionnel restait préférable à la situation d’exception.
Le scrutin impliquera 6,7 millions d’électeurs, et sa légitimité reste largement contestée en raison de l’absence de participation des principaux partis d’opposition.
La Rédaction

