Depuis le début du conflit en Ukraine, une série d’incidents inexpliqués dans les zones maritimes de la mer Baltique et de la mer du Nord suscite des préoccupations croissantes. Ces derniers jours, deux câbles de télécommunications sous-marins ont été endommagés, l’un entre la Finlande et l’Allemagne, l’autre entre la Suède et la Lituanie. Ces faits relancent les soupçons de sabotage, alimentant les discussions autour d’une potentielle “guerre hybride” menée par la Russie.
Câbles et gazoducs sous surveillance
Les incidents survenus en quarante-huit heures rappellent des précédents maritimes troublants. Le sabotage des gazoducs Nord Stream en septembre 2022 demeure l’un des plus marquants, avec quatre fuites massives précédées d’explosions sous-marines. L’origine de ces destructions reste incertaine, malgré des accusations portées çà et là.
En octobre 2023, une fuite détectée sur le gazoduc Balticconnector reliant la Finlande à l’Estonie avait également soulevé des soupçons de sabotage. De même, un câble reliant la Suède à l’Estonie avait été endommagé à la même période, avec des enquêtes pointant des “forces extérieures” ou des “manipulations”.
Perturbations technologiques et espionnage
Les perturbations GPS sont un autre volet de cette stratégie de guerre hybride. Depuis 2022, les signaux GPS dans la région connaissent des interférences régulières, augmentant les risques pour le trafic aérien. En avril, la compagnie Finnair avait dû suspendre temporairement ses vols vers l’Estonie en raison de ces perturbations. Pour se prémunir, le Royaume-Uni a annoncé la construction d’une infrastructure dédiée à la protection contre ce type de brouillage.
Parallèlement, les activités suspectes de navires russes se multiplient. Certains sont accusés de repérages dans des zones stratégiques comprenant des parcs éoliens, des câbles sous-marins et des gazoducs. En Allemagne, des survols de drones dans une zone industrielle sensible, en août dernier, ont ravivé les craintes d’espionnage et de sabotage.
Gestes provocateurs en mer
D’autres événements viennent alimenter les tensions. En mai, des bouées estoniennes sur la rivière Narva avaient été déplacées par des garde-côtes russes, une action immédiatement dénoncée par les autorités européennes. En parallèle, Moscou avait évoqué un projet de redéfinition de ses frontières maritimes en mer Baltique, provoquant l’inquiétude de ses voisins, notamment la Finlande et la Lituanie.
Ces événements montrent que les zones maritimes d’Europe du Nord restent un terrain où s’affrontent discrètement intérêts stratégiques et rivalités politiques, alimentant le spectre d’une guerre hybride au cœur des eaux européennes.
La Rédaction

