L’idée d’une force de maintien de la paix en Ukraine gagne du terrain, et un acteur inattendu pourrait en faire partie. La Chine envisagerait d’envoyer des soldats dans le cadre d’une coalition internationale, une initiative qui pourrait changer la donne pour la Russie.
Un revirement stratégique de Pékin ?
Depuis le début du conflit, la Chine s’est positionnée en médiatrice, refusant de condamner explicitement l’invasion russe tout en prônant le respect de la souveraineté des États. Son plan de paix, présenté récemment, n’a pas eu l’effet escompté, mais Pékin semble aujourd’hui vouloir s’impliquer autrement.
Selon le média allemand Welt am Sonntag, des diplomates chinois auraient pris contact avec l’Union européenne pour explorer la possibilité d’intégrer une force de maintien de la paix en Ukraine. Pékin sonderait Bruxelles pour mesurer l’accueil d’une telle initiative et évaluer si sa participation pourrait être jugée utile par les Européens.
Un atout diplomatique pour la Russie ?
Jusqu’ici, la Russie a catégoriquement rejeté l’idée d’une force de maintien de la paix en Ukraine, notamment lorsqu’elle était évoquée par les Occidentaux. Mais la participation de la Chine pourrait modifier la perception de Moscou.
“La présence de Pékin dans une ‘coalition des volontaires’ pourrait faciliter l’acceptation par la Russie de troupes de maintien de la paix”, affirment des diplomates européens cités par Welt am Sonntag.
Le président français Emmanuel Macron compte réunir cette “coalition des volontaires” lors d’un sommet jeudi prochain. La France et le Royaume-Uni se disent prêts à envoyer des troupes, tandis que les États-Unis soutiennent l’idée sans vouloir y participer. Une coalition d’une trentaine de pays pourrait voir le jour, et l’adhésion chinoise donnerait à cette initiative une portée inédite.
Un changement d’équilibre géopolitique
Si la Chine décide effectivement de participer à une mission de maintien de la paix, elle enverrait un message fort sur son rôle dans l’ordre mondial. Pékin, souvent accusé de soutenir Moscou en sous-main, pourrait apparaître comme un arbitre plus neutre, renforçant sa position diplomatique.
Mais cette démarche ne sera pas sans conséquence pour la Russie. L’adhésion chinoise à une telle mission exercerait une pression indirecte sur Moscou, en l’incitant à accepter un cessez-le-feu et une transition vers des négociations.
Alors que l’Ukraine continue de réclamer plus de soutien militaire et que la Russie s’enfonce dans une guerre d’usure, l’entrée de la Chine sur ce terrain sensible pourrait bien redéfinir les dynamiques du conflit.
La Rédaction

