Une commune peut disposer d’un budget, d’un plan de développement et d’élus sans pour autant connaître avec précision la réalité de son territoire. À Golfe 2, le recensement géoréférencé des ménages et des activités économiques cherche précisément à combler cette distance. Derrière l’opération de collecte se joue un changement plus profond : faire de la donnée un instrument de planification, de fiscalité et de décision locale.
L’opération, qui doit s’achever le 10 octobre, concerne les ménages, commerçants, artisans, entreprises et contribuables de la commune. Elle doit permettre de constituer une base de données actualisée et sécurisée afin de mieux identifier les réalités démographiques et économiques du territoire.
Pour la municipalité, l’enjeu est de disposer d’informations suffisamment précises pour orienter les investissements, améliorer les services et accompagner la digitalisation de l’administration.
Mieux connaître pour mieux arbitrer
Dans une commune en transformation rapide, décider sans données fiables revient souvent à travailler à partir d’estimations. Or les besoins ne sont pas répartis uniformément : certains quartiers manquent d’équipements, d’autres concentrent davantage d’activités commerciales ou connaissent une croissance démographique plus soutenue.
La géolocalisation des ménages et des activités peut ainsi permettre d’identifier plus finement les priorités et d’éviter que l’investissement communal ne repose uniquement sur des perceptions générales.
Cette connaissance peut également améliorer la mobilisation des ressources locales, à condition que la fiscalité soit appliquée de manière plus lisible, mieux ciblée et équitable.
La donnée oblige aussi à la transparence
Le passage à une gestion davantage numérisée ne se résume toutefois pas à l’accumulation d’informations. Plus une commune connaît précisément ses habitants et ses contribuables, plus elle doit garantir la sécurité des données collectées et expliquer clairement leur utilisation.
La confiance devient donc une condition essentielle du dispositif. Une base fiable n’a de valeur que si elle est régulièrement mise à jour, protégée et réellement utilisée pour améliorer les décisions publiques.
À Golfe 2, cette démarche s’inscrit dans le Plan de développement communal 2023-2027, dont l’enveloppe est estimée à plus de 5,147 milliards de FCFA. Le document prévoit notamment le développement des infrastructures, l’amélioration du cadre de vie et la modernisation de l’administration communale.
Au-delà du recensement, l’enjeu est donc celui d’une nouvelle culture de gestion locale : passer d’une administration qui connaît approximativement son territoire à une commune capable de fonder davantage ses choix sur des données vérifiables.
Car la décentralisation ne se mesure pas seulement au transfert de compétences. Elle dépend aussi de la capacité des collectivités à savoir précisément où agir, pour qui et avec quels moyens.
La Rédaction

