La ville stratégique de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), est désormais sous contrôle quasi total des rebelles du M23 et de l’armée rwandaise. Le groupe armé, soutenu par Kigali selon Kinshasa, a pris le contrôle de l’aéroport et occupe la majorité des quartiers centraux et périphériques, marquant une escalade sans précédent du conflit.
Alors que les combats font rage, une rencontre entre les dirigeants congolais et rwandais est attendue dans la journée, sous pression de la communauté internationale qui redoute une déstabilisation régionale accrue.
Une situation humanitaire désastreuse

La prise de Goma a plongé la ville dans le chaos humanitaire. Des milliers de civils fuient en direction du Sud-Kivu et vers le Rwanda voisin, malgré les tensions. Les hôpitaux sont débordés, et l’accès aux soins, à l’eau et à l’électricité est devenu précaire. Des témoignages font état de pillages et de violences contre les populations civiles, aggravant une situation déjà critique.
Les organisations humanitaires, comme Save the Children et World Vision, ont suspendu leurs activités en raison de l’insécurité. Un responsable des Nations unies a confirmé que Goma était directement attaquée par une force rebelle bénéficiant du soutien du Rwanda, une déclaration qui renforce les accusations de Kinshasa contre son voisin.

Pressions diplomatiques et tensions internationales
Face à cette offensive, les États-Unis ont appelé à une trêve immédiate. Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, s’est entretenu avec le président rwandais Paul Kagame, exhortant Kigali à cesser tout soutien au M23. De son côté, le président congolais Félix Tshisekedi tente de mobiliser un front diplomatique et militaire pour éviter une prise totale de la ville.
Les Nations unies et l’Union africaine suivent la situation de près, tandis que des manifestations ont éclaté à Kinshasa, ciblant des ambassades perçues comme favorables à Kigali.
Un tournant pour la région ?
Avec Goma sous leur contrôle, le M23 et l’armée rwandaise posent un sérieux défi à la souveraineté congolaise. La suite des événements dépendra des négociations entre les dirigeants régionaux et des pressions internationales. Mais pour les habitants de Goma, l’urgence est ailleurs : survivre dans une ville livrée au chaos.
L’issue des discussions prévues aujourd’hui entre Kigali et Kinshasa sera déterminante. Un cessez-le-feu peut-il encore être obtenu ? Ou la RDC se dirige-t-elle vers une guerre ouverte avec son voisin rwandais ?
La Rédaction

