Le Ghana et l’Union européenne ont signé, mardi 24 mars à Accra, un partenariat de sécurité et de défense présenté comme inédit dans les relations entre l’UE et un pays africain. L’accord formalise un cadre de coopération élargi dans plusieurs domaines jugés stratégiques, avec un accent mis sur le renforcement des capacités institutionnelles et opérationnelles.
La signature a été effectuée par la vice-présidente ghanéenne Jane Naana Opoku-Agyeman et la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères Kaja Kallas, en présence de représentants des deux parties.
Un cadre de coopération multisectoriel
Le partenariat couvre un ensemble de domaines incluant la lutte contre le terrorisme, la sécurité maritime dans le golfe de Guinée, la cybersécurité, la lutte contre la désinformation et la gestion des crises.
Le volet défense du texte ne relève pas d’une logique d’alliance militaire. Il est centré sur la formation, l’appui technique et le renforcement des capacités des forces de sécurité ghanéennes. Aucun mécanisme de défense mutuelle ni engagement automatique en cas de conflit n’y est intégré.
Une coopération déjà engagée sur le terrain
Avant même la signature de ce partenariat, l’Union européenne a mobilisé environ 50 millions d’euros depuis 2023 en soutien au Ghana dans le secteur sécuritaire. Ces financements ont notamment permis la mise à disposition d’équipements de surveillance, de systèmes anti-drones et de moyens logistiques destinés aux forces de sécurité.
Ces appuis s’inscrivent dans une logique de montée en capacité progressive, avec un accent mis sur la prévention et le contrôle des risques sécuritaires.
Le rôle régional du Ghana
Le Ghana occupe une position structurante dans les dispositifs de coopération sécuritaire en Afrique de l’Ouest. Il participe notamment à l’Initiative d’Accra, lancée en 2017, qui réunit plusieurs États côtiers engagés dans la prévention de l’extension des groupes armés depuis le Sahel vers les pays du golfe de Guinée.
Le pays est également impliqué dans les opérations internationales de maintien de la paix et dispose de centres de formation soutenus par plusieurs partenaires internationaux.
Une dynamique de coopération élargie
Pour l’Union européenne, cet accord s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer ses partenariats sécuritaires avec des États disposant de capacités institutionnelles jugées solides.
Des responsables européens évoquent la possibilité d’étendre ce type de coopération à d’autres pays africains, dans une logique de partenariats progressifs et adaptables selon les contextes nationaux.
La Rédaction

