Le Ghana entend renforcer ses relations avec les grandes économies émergentes en sollicitant le statut de partenaire des BRICS. Une orientation portée par le gouvernement de John Dramani Mahama, qui cherche à diversifier ses débouchés économiques tout en préservant ses alliances traditionnelles.
Le Ghana veut élargir son horizon diplomatique sans bouleverser ses équilibres internationaux. Après avoir annoncé sa volonté de rejoindre les BRICS, le gouvernement a précisé son ambition : obtenir le statut de pays partenaire plutôt qu’une adhésion complète au regroupement des économies émergentes.
Cette orientation, approuvée par le gouvernement du président John Dramani Mahama, avait été rendue publique le 6 octobre à Accra, lors de la visite du ministre indien des Affaires extérieures, Subrahmanyam Jaishankar. Le chef de la diplomatie ghanéenne, Samuel Okudzeto Ablakwa, en a clarifié la portée le 10 octobre, soulignant que cette démarche s’inscrit dans la politique historique de non-alignement du pays.
Une entrée progressive dans l’espace BRICS
Le statut de partenaire permettrait au Ghana de participer à certaines consultations et initiatives des BRICS sans disposer des mêmes prérogatives que les membres à part entière.
Accra entend ainsi rejoindre une catégorie comprenant déjà plusieurs pays africains, notamment le Nigeria et l’Ouganda. L’Égypte, l’Éthiopie et l’Afrique du Sud disposent, quant à elles, du statut de membres à part entière.
La candidature ghanéenne n’est toutefois pas encore acquise. Son examen nécessitera l’accord collectif des membres du regroupement. L’Inde, sollicitée pour soutenir cette démarche, a exprimé une position favorable aux aspirations du Ghana, tout en rappelant le caractère multilatéral de la décision.
L’économie au cœur du rapprochement
Pour le gouvernement Mahama, l’objectif dépasse la diplomatie. Le Ghana souhaite multiplier ses sources d’investissement, développer son industrie et renforcer la transformation locale de ses ressources naturelles.
Samuel Okudzeto Ablakwa considère les BRICS comme une possibilité supplémentaire de coopération économique, particulièrement avec des partenaires tels que l’Inde, la Chine et le Brésil.
Cette stratégie répond à une ambition plus large : réduire la dépendance aux exportations de matières premières et attirer davantage d’activités créatrices d’emplois. Mais le statut de partenaire ne garantit pas automatiquement de nouveaux financements ou un accès privilégié aux marchés. Les résultats dépendront des accords économiques effectivement conclus.
Préserver les alliances traditionnelles
Accra insiste sur un point essentiel : son rapprochement avec les BRICS ne signifie pas un éloignement des États-Unis, de l’Europe ou des institutions financières internationales.
Le ministre ghanéen a notamment indiqué que des échanges avaient eu lieu avec des partenaires européens avant l’annonce de cette orientation. Le pays entend maintenir ses relations existantes tout en développant de nouvelles coopérations.
Cette approche rappelle la diplomatie de Kwame Nkrumah, premier président du Ghana, qui cherchait déjà à entretenir des relations avec différentes puissances sans s’enfermer dans un bloc.
Pour Accra, l’enjeu est désormais de transformer cette ouverture en avantages économiques concrets. La candidature aux BRICS apparaît ainsi moins comme une rupture géopolitique que comme une tentative d’élargir la marge de manœuvre du Ghana dans un ordre international en recomposition.
La Rédaction

