Le Programme alimentaire mondial (PAM) tire la sonnette d’alarme. Deux ans après le déclenchement de la guerre civile au Soudan, les ressources internationales se tarissent alors que la crise humanitaire s’aggrave. Plus de 25 millions de personnes, soit la moitié de la population soudanaise, souffrent aujourd’hui d’insécurité alimentaire aiguë. Huit millions d’entre elles sont au bord de la famine.
Dans un communiqué publié ce lundi, le coordinateur régional du PAM, Shaun Hughes, avertit que l’aide alimentaire constitue désormais « une bouée de sauvetage pour les familles de réfugiés vulnérables qui n’ont nulle part où se tourner ». Mais cette assistance vitale est menacée. L’organisme a besoin de plus de 200 millions de dollars pour maintenir son soutien aux réfugiés soudanais dans les pays voisins, et 575 millions pour venir en aide aux 10 millions de déplacés internes.
Une réponse humanitaire au ralenti
L’ONU dénonce un déficit criant : le plan de réponse humanitaire pour le Soudan n’est financé qu’à 14,4 %. En cause, une baisse structurelle des financements internationaux, aggravée par les coupes budgétaires américaines décidées sous l’administration Trump. Pour tenter d’inverser la tendance, une conférence internationale est organisée cette semaine en Espagne afin de mobiliser de nouveaux soutiens.
Les conséquences sont déjà visibles. En Égypte, où 1,5 million de réfugiés soudanais ont trouvé refuge depuis le début du conflit, 85 000 personnes ont déjà vu leur aide réduite. Sans financement urgent, toute assistance alimentaire cessera d’ici août. Le Tchad, qui accueille plus de 850 000 réfugiés et en voit arriver un millier de plus chaque jour depuis le Darfour, doit également réduire les rations.
Une guerre destructrice et durable
Le conflit oppose depuis avril 2023 le général Abdel Fattah al-Burhane, chef de l’armée et dirigeant de facto du pays, au général Mohamed Hamdane Daglo, chef des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Les combats ont fait des milliers de morts, détruit les infrastructures, paralysé l’agriculture et forcé des millions de civils à fuir.
Aujourd’hui, l’ONU estime que le Soudan vit la plus grande crise de famine au monde. Le manque de financement compromet gravement les efforts de stabilisation régionale. Des pays comme l’Ouganda, l’Éthiopie, la Libye ou encore la Centrafrique, déjà fragilisés, subissent de plein fouet les répercussions du conflit.
Une réponse mondiale attendue
Face à l’ampleur de la catastrophe, le PAM insiste : « C’est maintenant qu’il faut agir. Les ressources s’épuisent. Le temps presse. » L’appel aux dons lancé à Séville sera un test majeur de la solidarité internationale.
La Rédaction

