Le Ghana marque un tournant historique dans sa lutte contre la corruption en formalisant une demande d’extradition auprès des autorités judiciaires américaines visant l’ancien ministre des Finances, Ken Ofori-Atta, et son ancien conseiller technique, Ernest Darko Akore. Ce geste traduit une volonté politique affirmée de traduire devant la justice les responsables présumés de malversations ayant porté un préjudice substantiel aux finances publiques.
Selon le procureur général et ministre de la Justice, Dr Dominic Akuritinga Ayine, cette demande fait suite à une enquête minutieuse menée par le Bureau du Procureur spécial, qui a conduit au dépôt de 78 chefs d’accusation devant la Haute Cour. Les faits reprochés incluent notamment des pertes financières importantes pour l’État et l’utilisation abusive de fonctions publiques à des fins personnelles, révélant l’ampleur des infractions et l’impact direct sur les ressources publiques.
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Le Dr Ayine a rappelé que l’extradition constitue un processus juridiquement complexe, soumis aux procédures américaines, et que la décision finale relève désormais du système judiciaire des États-Unis. Il a souligné que les accusés disposent de recours multiples à différents niveaux du système judiciaire américain, ce qui pourrait prolonger la procédure et en complexifier la résolution.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre de Operation Recover All Loot, le programme phare du gouvernement ghanéen visant à renforcer la transparence et la reddition de comptes. Le président John Dramani Mahama, selon le ministre, reste résolument engagé à récupérer les actifs publics et à affirmer que la gestion des fonds de l’État ne saurait échapper à la justice.
Parallèlement, le Dr Ayine a mis en avant les succès récents de l’Office de l’économie et de la criminalité organisée (EOCO), qui a récupéré plus de 15 millions de dollars dans une fraude internationale impliquant des crypto-monnaies. Grâce à des collaborations internationales et à des interventions judiciaires ciblées, l’EOCO a pu tracer et convertir ces actifs numériques, une partie destinée à indemniser les victimes et le reste reversé dans le trésor public. Ces opérations ont permis à l’agence de dépasser son objectif 2025, atteignant un total historique de 337 millions de dollars, confirmant la capacité du Ghana à mener des actions efficaces contre la criminalité financière sophistiquée.
Pour le procureur général, ces actions combinées illustrent un leadership institutionnel solide et la capacité du Ghana à conjuguer justice nationale et coopération internationale pour lutter contre la corruption à grande échelle. Cette démarche envoie un signal fort : aucun abus de fonds publics, même à haut niveau, ne restera impuni.
La Rédaction

