À Lomé, l’Autorité du Bassin du Mono (ABM) renforce sa position stratégique dans la gestion concertée du fleuve Mono, partagé entre le Togo et le Bénin. Entre l’examen du bilan 2025 par le Comité technique des experts et l’ouverture du conseil des ministres, l’institution affiche une dynamique de consolidation financière, opérationnelle et politique.
Un bilan 2025 marqué par une forte progression financière
Réuni depuis le mardi 10 février 2026, le Comité technique des experts (CTE) de l’ABM tient sa 8ᵉ réunion ordinaire consacrée à l’évaluation des performances de l’année 2025. Les travaux, étalés sur trois jours, portent sur les volets institutionnel, financier et opérationnel.
Sur le plan organisationnel, l’Autorité indique avoir renforcé ses capacités par le recrutement de cadres clés, la modernisation des outils de gestion et l’amélioration globale de sa gouvernance interne.
Les ressources mobilisées en 2025 ont dépassé 817 millions FCFA, contre 306 millions FCFA en 2024. Cette progression significative traduit une consolidation budgétaire permettant à l’ABM d’élargir son champ d’intervention dans le bassin du Mono.
Partenariats renforcés et projets structurants
La mobilisation des partenaires techniques et financiers figure parmi les avancées majeures. La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un financement d’environ un million d’euros pour l’élaboration du Schéma directeur d’aménagement et de gestion de l’eau (SDAGE).
Par ailleurs, l’Union européenne accompagne la maturation du programme « Eau Mono et Résilience alimentaire », estimé à 15 millions d’euros, visant à renforcer la sécurité hydrique et alimentaire dans la zone transfrontalière.
Au plan opérationnel, l’ABM met en œuvre l’Initiative régionale pour l’eau et l’environnement dans le bassin du Mono (IREE-Mono), marquée par le lancement de l’Analyse diagnostique transfrontalière. L’institution renforce également sa visibilité régionale et internationale grâce à une participation accrue aux réseaux africains et mondiaux des organismes de bassin.
Conseil des ministres : priorité à la gouvernance du fleuve Mono
En parallèle, le conseil des ministres de l’ABM s’ouvre à Lomé avec pour priorité l’amélioration de la gouvernance et l’utilisation équitable des ressources en eau du fleuve Mono.
Les ministres en charge de l’Eau du Togo et du Bénin examinent les rapports technique et financier de l’exercice 2025, le niveau d’exécution des recommandations antérieures ainsi que le plan de travail et le budget annuel 2026. En amont, le comité des experts formule des recommandations destinées à éclairer les décisions politiques.
Un fleuve stratégique entre le Togo et le Bénin
Le Mono constitue une frontière naturelle sur une partie de son parcours entre le Togo et le Bénin. Il représente un enjeu majeur pour plusieurs secteurs : hydroélectricité, irrigation, eau potable, pêche et protection environnementale.
Face à la pression croissante sur la ressource, les deux États sont appelés à harmoniser leurs politiques afin de prévenir les conflits liés à l’eau et de garantir une gestion durable et inclusive du bassin.
Une dynamique tournée vers 2026
Pour le Directeur exécutif de l’ABM, Dadja Gnakpaou, les performances enregistrées traduisent la confiance renouvelée des États membres et des partenaires techniques et financiers. L’institution prévoit d’accélérer ses actions en 2026, avec un accent mis sur le lancement de projets structurants, le renforcement de la gouvernance et l’amélioration des conditions de fonctionnement.
À travers ce double exercice de bilan et de projection, l’Autorité du Bassin du Mono confirme son rôle central dans la sécurisation et la valorisation durable des ressources en eau partagées entre le Togo et le Bénin.
La Rédaction

