Un expert des Nations Unies a salué la création d’un tribunal spécial en Gambie, destiné à juger les crimes graves commis sous le régime de Yahya Jammeh entre 1994 et 2017. Ce tribunal hybride, approuvé par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), est une avancée majeure dans la quête de justice pour les victimes.
Une avancée historique vers la justice
Le Rapporteur spécial de l’ONU sur la promotion de la vérité et de la justice, Bernard Duhaime, a qualifié cette initiative d’« étape historique ». Selon lui, ce mécanisme marque un engagement fort du gouvernement gambien à mettre fin à l’impunité et à garantir la justice pour les victimes. Il a déclaré, le 10 janvier, que ce tribunal hybride offrait « un nouvel espoir aux victimes » et renforçait les efforts plus larges en faveur de la responsabilité et de la réconciliation nationale.
Les crimes du régime Jammeh dans le viseur
La création de ce tribunal spécial fait suite aux recommandations de la Commission vérité, réconciliation et réparations de la Gambie. Cette dernière avait mis en lumière des violations graves des droits humains commises sous le régime de Yahya Jammeh, notamment des exécutions extrajudiciaires, des viols, des actes de torture et des disparitions forcées.
En décembre 2024, la Cédéao a approuvé ce mécanisme judiciaire pour poursuivre Yahya Jammeh et 68 anciens responsables, dont des membres des forces de sécurité, impliqués dans ces atrocités. Ce tribunal hybride pourra également juger des crimes internationaux, même s’ils n’étaient pas considérés comme des infractions en droit gambien au moment où ils ont été commis.
Des mesures pour consolider la paix
Au-delà des poursuites judiciaires, l’expert des Nations Unies a souligné l’importance de mesures complémentaires, telles que les réparations, les commémorations, les excuses officielles et d’autres initiatives non judiciaires, pour garantir une réconciliation durable. Ces efforts, selon lui, sont essentiels pour construire une Gambie pacifiée et stable après deux décennies d’autoritarisme.
La mise en place de ce tribunal symbolise ainsi un tournant pour le pays, offrant aux victimes une chance de faire entendre leur voix et de tourner la page sur une période sombre de son histoire.
La Rédaction

