Le bras de fer pour le contrôle du Parti démocratique gabonais (PDG) entre Ali Akbar Onanga Y’Obegue et Blaise Louembé prend une nouvelle tournure, avec un soutien affiché d’Ali Bongo à l’ancien ministre et juriste.
Le paysage politique gabonais continue de se reconfigurer dans l’après-coup d’État qui a renversé Ali Bongo Ondimba en août 2023. Malgré son éviction du pouvoir, l’ancien président demeure une figure d’influence, notamment au sein du Parti démocratique gabonais (PDG), fondé par son père Omar Bongo.
Une note qui change la donne
Ali Akbar Onanga Y’Obegue, ancien ministre et fidèle d’Ali Bongo, se réjouit d’une récente note signée par ce dernier, qui conteste la validité du congrès du 30 janvier 2024. Ce congrès avait désigné Blaise Louembé comme nouveau président du PDG, provoquant une scission au sein de la formation politique historique.
« Je ressens de la satisfaction et une profonde gratitude. Et également un sens aigu des responsabilités qui sont les miennes à cet instant », a déclaré Ali Akbar Onanga Y’Obegue, désormais convaincu d’être le seul dirigeant légitime du PDG.
Cap sur les législatives de septembre
Celui qui s’affirme comme le chef du PDG indique travailler « en étroite collaboration » avec Ali Bongo pour restructurer le parti et préparer les élections législatives et locales prévues pour le 27 septembre 2025. Il insiste sur l’exclusivité des investitures à venir :
« Seul le président Ali Bongo Ondimba ou les personnes dûment mandatées par lui sont en droit de présenter des candidatures sous le label Parti démocratique gabonais. Toute tentative d’investiture en dehors de ce cadre est purement et simplement illégale, irrecevable et n’engagerait que la responsabilité de ses auteurs. »
Blaise Louembé, en campagne malgré tout
De son côté, Blaise Louembé, qui contrôle actuellement les locaux du PDG, poursuit sa tournée nationale. Il maintient sa dynamique électorale et semble ne pas reconnaître la légitimité d’Ali Akbar Onanga Y’Obegue. Louembé n’a jamais admis la contestation du congrès de janvier ni la dissidence qu’elle a suscitée. Il continue de revendiquer le leadership du parti et prépare activement sa participation aux élections, malgré la polémique juridique et politique.
Une guerre d’héritage au sein d’un parti historique
Le Parti démocratique gabonais, longtemps instrument de domination politique sous Omar puis Ali Bongo, se retrouve aujourd’hui déchiré entre fidélité à l’ancien président et recomposition post-régime. La question de la légitimité à incarner l’héritage du parti se pose avec d’autant plus d’acuité que les échéances électorales se rapprochent. Reste à savoir si les autorités de transition reconnaîtront une faction plus qu’une autre.
La Rédaction

