L’État de l’Alabama a exécuté, jeudi, Demetrius Frazier, un condamné à mort de 52 ans, en utilisant l’inhalation d’azote, une méthode hautement controversée. Il s’agit de la troisième exécution aux États-Unis en 2025 et de la quatrième seulement à recourir à ce procédé, dénoncé par plusieurs organisations internationales comme cruel et inhumain.
Une méthode d’exécution sous le feu des critiques
Demetrius Frazier a été déclaré mort à 18h36 heure locale (00h36 vendredi en France) dans la prison d’Atmore, selon l’administration pénitentiaire de l’Alabama. Cet État du sud-est des États-Unis est le seul à avoir mis en place l’hypoxie par azote, une technique entraînant la mort par privation d’oxygène.
Utilisée pour la première fois en janvier 2024, cette méthode est censée être une alternative à l’injection létale, mais elle est fermement condamnée par l’ONU, qui la qualifie de « non éprouvée » et susceptible de constituer une forme de torture. L’Union européenne l’a, de son côté, qualifiée de « particulièrement cruelle ».
L’inhalation d’azote entraîne une asphyxie progressive, ce qui, selon des experts, pourrait causer une agonie prolongée et une grande souffrance. Malgré ces critiques, l’Alabama maintient cette procédure, affirmant qu’elle est moins douloureuse que les injections létales, qui ont parfois provoqué des exécutions longues et chaotiques.
Un criminel aux lourds antécédents
Condamné en 1996, Demetrius Frazier avait été reconnu coupable du viol et du meurtre de Pauline Brown, une mère de famille de 40 ans assassinée en 1991 à Birmingham, Alabama. Il s’était introduit chez elle avant de l’agresser et de l’abattre d’une balle dans la tête.
Avant ce crime, il avait déjà été condamné à la prison à perpétuité dans le Michigan, un État où la peine de mort est interdite, pour des faits similaires : le viol et le meurtre d’une adolescente de 14 ans, Crystal Kendrick, ainsi que deux autres viols.
Extradé en Alabama en 2011, il avait contesté jusqu’au bout son exécution par inhalation d’azote, demandant à purger sa peine dans le Michigan. Ses recours ont été systématiquement rejetés.
Une peine capitale qui divise toujours l’Amérique
Aux États-Unis, 23 États ont aboli la peine de mort, tandis que trois autres (Californie, Oregon et Pennsylvanie) ont instauré des moratoires suspendant les exécutions. Mais dans 27 États, elle reste appliquée, notamment sous l’impulsion des républicains, dont Donald Trump, fervent défenseur de son maintien.
En 2025, trois exécutions ont déjà eu lieu aux États-Unis, contre 25 en 2024 et 24 en 2023. Malgré la baisse progressive du recours à la peine capitale, des États comme l’Alabama, le Texas et l’Oklahoma continuent de l’appliquer régulièrement, maintenant un débat toujours vif sur son efficacité et son éthique.
La Rédaction

