Après neuf mois coincés dans l’espace, Suni Williams et Butch Wilmore ont enfin retrouvé la Terre. Initialement envoyés pour une mission de huit jours, les deux astronautes américains ont vu leur séjour dans la Station spatiale internationale (ISS) se prolonger en raison de problèmes techniques sur le vaisseau Starliner de Boeing, qui devait assurer leur retour. Finalement, c’est SpaceX qui a pris le relais, et leur capsule Crew Dragon a amerri mardi au large de la Floride, après un voyage de 17 heures.
Un retour insolite sous le regard des dauphins
L’amerrissage, ralenti par quatre parachutes, s’est déroulé en douceur, sous l’œil étonné d’un groupe de dauphins qui a encerclé l’engin flottant. « Quelle aventure ! » s’est exclamé par radio Nick Hague, un autre astronaute américain à bord, décrivant les « grands sourires » de l’équipage. Aux côtés de Williams et Wilmore se trouvaient également le cosmonaute russe Aleksandr Gorbunov et Nick Hague lui-même, venu assurer le voyage de retour.
Après leur extraction de la capsule, les quatre passagers ont été placés sur des brancards, adressant des signes de la main aux caméras. Un premier examen médical a eu lieu sur place, avant leur transfert à Houston, où ils suivront un programme de réadaptation à la gravité terrestre.
Une mission prolongée qui tourne au débat politique
Le séjour prolongé des astronautes a rapidement pris une tournure politique. Le président américain Donald Trump a accusé son prédécesseur Joe Biden de les avoir « abandonnés » et s’est engagé à les « secourir ». La Maison-Blanche a d’ailleurs salué leur retour en évoquant une « promesse tenue », tout en mettant en avant le rôle d’Elon Musk et de son entreprise SpaceX.
Musk, devenu un allié du président réélu, a affirmé qu’il aurait pu organiser leur retour plus tôt, sans préciser comment. Une déclaration qui a suscité de vives réactions dans la communauté spatiale, où l’on rappelle que le plan de rapatriement avait été mis en place dès septembre dernier par la NASA et SpaceX. En prévision, deux sièges avaient été laissés libres sur le vol de retour.
Un revers pour Boeing
L’incident marque un sérieux revers pour Boeing, dont le vaisseau Starliner, supposé être une alternative à Crew Dragon, a montré de sérieuses failles. Incapable d’assurer le retour de son équipage, il a dû être renvoyé à vide sur Terre. Une situation embarrassante pour l’entreprise, qui tente depuis plusieurs années de rattraper son retard sur SpaceX dans le domaine des vols habités.
Pour Suni Williams et Butch Wilmore, cette mission restera à coup sûr inoubliable, non seulement pour sa durée imprévue, mais aussi pour le tumulte qu’elle aura suscité sur Terre.
La Rédaction

