Une séance de sensibilisation peut convaincre un élève pendant quelques heures. La difficulté commence lorsqu’il retourne dans une école où rien ne lui permet de transformer cette prise de conscience en pratique. Pour sa cinquième édition, prévue du 12 au 21 octobre, le Festival interscolaire pour l’environnement (FISE) veut précisément franchir cette frontière : laisser derrière lui des structures capables de faire vivre l’engagement écologique au-delà du festival.
Après quatre éditions, le FISE revendique près de 40 000 élèves sensibilisés dans 53 établissements et une cinquantaine de jeunes formés comme relais. L’initiative portée par l’Association internationale des étudiants en agriculture et disciplines connexes (IAAS) dispose donc déjà d’une audience importante.
Mais ces chiffres posent désormais une question plus exigeante : que devient un élève sensibilisé plusieurs mois après le passage des équipes ?
La cinquième édition tente d’y répondre en modifiant partiellement la méthode. Les organisateurs annoncent un retour dans les établissements concernés afin d’évaluer les effets des actions précédentes, mais aussi la création de clubs environnementaux dans les écoles qui accepteront de s’engager dans la durée. Vingt-cinq établissements ont déjà été identifiés.
Faire de l’école un terrain d’expérimentation
Ce changement est important. L’éducation environnementale produit difficilement des résultats durables lorsqu’elle reste extérieure au quotidien de l’élève. La création d’un club permet au contraire de prolonger l’apprentissage par des activités concrètes : reboisement, entretien des arbres, gestion des déchets ou initiatives imaginées directement par les jeunes.
Le FISE prévoit justement des opérations de plantation et la mise à disposition d’outils dans les établissements. L’enjeu sera moins de planter beaucoup que de savoir ce que deviennent les plants quelques mois plus tard. Sur ce terrain, le suivi compte autant que l’action initiale.
Cette logique rejoint d’autres expériences d’éducation environnementale déjà menées au Togo, où les clubs scolaires sont utilisés pour faire passer les élèves de la connaissance d’un problème à la responsabilité d’un projet.
Kpalimé, premier test du changement d’échelle
L’édition 2026 introduira également une évolution géographique. Jusqu’ici fortement concentré sur le Grand Lomé, le festival gagnera Kpalimé par l’intermédiaire de la branche IAAS de l’Institut national de formation agricole (INFA).
Ce déplacement constitue un premier test pour une initiative qui ambitionne, à terme, de toucher toutes les régions du pays. Grandir suppose cependant de préserver la capacité d’accompagnement qui donne précisément son intérêt aux clubs : créer une structure est relativement simple, la maintenir active pendant l’année scolaire l’est beaucoup moins.
Les concours de poésie, de dessin et de slam resteront au programme. Ils offrent une autre porte d’entrée dans l’écologie, en laissant les élèves produire leur propre représentation des enjeux plutôt que recevoir uniquement un discours préparé par des adultes.
À sa cinquième édition, le FISE arrive ainsi à un moment charnière. Après avoir appris à toucher des milliers d’élèves, son véritable défi sera désormais de laisser dans les établissements quelque chose de plus durable qu’un message : des jeunes capables d’agir lorsque le festival sera reparti.
La Rédaction
Sources : IAAS Togo ; Organisation pour la promotion de l’éducation relative à l’environnement (OPErE).

