Face aux défis persistants que représentent le travail des enfants, la traite des personnes et le VIH/sida, le Togo renforce son dispositif de protection sociale. Soutenu par le Luxembourg et le système des Nations Unies, un nouveau programme de 4,5 millions d’euros ambitionne de mieux protéger les enfants les plus exposés aux risques, tout en consolidant les acquis sanitaires enregistrés ces dernières années.
La protection des populations les plus vulnérables demeure l’un des principaux défis des politiques sociales au Togo. Dans un contexte marqué par la contraction de l’aide publique au développement à l’échelle internationale, le lancement d’un nouveau programme financé à hauteur de 4,5 millions d’euros par le Luxembourg et le système des Nations Unies traduit la volonté de consolider les mécanismes nationaux de protection plutôt que de répondre uniquement aux situations d’urgence.
L’initiative cible prioritairement les enfants confrontés aux pires formes de travail, à la traite ou vivant dans des environnements affectés par le VIH/sida. Son ambition est de renforcer durablement les dispositifs d’accompagnement afin de favoriser une meilleure prise en charge des personnes les plus exposées aux vulnérabilités sociales.
Au-delà de la protection immédiate, le programme entend développer des mécanismes inclusifs capables d’améliorer la résilience des communautés et de garantir un accès plus durable aux services de protection.
Capitaliser sur les progrès enregistrés contre le VIH
Le projet s’appuie également sur les résultats obtenus par le Togo dans la lutte contre le VIH/sida. Selon les Nations Unies, le pays affiche aujourd’hui une prévalence nationale de 1,6 %, tandis que les nouvelles infections ont diminué de plus de 51 % depuis 2010. Sur la même période, les décès liés au sida ont reculé de 67 %.
Ces indicateurs témoignent des progrès réalisés au cours de la dernière décennie, même si les partenaires estiment que les efforts doivent être poursuivis afin de préserver ces acquis et d’améliorer encore l’accès des populations les plus vulnérables aux services de prévention, de dépistage et de prise en charge.
Pour Coumba Dieng Sow, coordonnatrice résidente des Nations Unies au Togo, cette initiative illustre la capacité des partenaires à maintenir une action collective malgré les tensions qui affectent les financements internationaux.
Un partenariat maintenu malgré la contraction de l’aide
Le lancement de ce programme intervient alors que de nombreux pays revoient leurs priorités budgétaires en matière de coopération internationale. Dans ce contexte, le maintien de l’engagement du Luxembourg en faveur du Togo constitue un signal de continuité.
L’ambassadrice du Luxembourg à Lomé, Laure Huberty, a rappelé que si l’aide publique au développement évolue dans un environnement plus contraint, l’engagement de son pays demeure en faveur des politiques visant à protéger les populations les plus fragiles.
À travers cette nouvelle initiative, le Togo cherche ainsi à renforcer un modèle de protection sociale davantage centré sur la prévention, l’inclusion et la résilience. Une approche qui vise à inscrire durablement la protection de l’enfance et la lutte contre le VIH parmi les priorités du développement humain.
La Rédaction

