Longtemps reléguées au second plan, les maladies tropicales négligées (MTN) continuent pourtant de peser lourdement sur les communautés rurales. Au Togo, les autorités sanitaires veulent changer de logique. À l’occasion de la Journée mondiale consacrée à ces pathologies, célébrée chaque 30 janvier, une nouvelle étape de la stratégie nationale a été présentée à Lomé : viser l’élimination de plusieurs MTN d’ici 2030.
Onchocercose, schistosomiase, lèpre ou pian ne font pas souvent la une, mais elles rongent la scolarisation, la productivité agricole et les revenus des ménages. Pour le ministère de la Santé, il ne suffit plus d’intervenir ponctuellement : il faut tarir durablement les foyers de transmission et réduire l’impact social de ces maladies dites « oubliées ».
Des maladies qui fragilisent l’économie locale
Dans de nombreuses localités, ces affections provoquent douleurs chroniques, handicaps, lésions visibles et parfois cécité. Elles enferment aussi les malades dans la stigmatisation. Un agriculteur affaibli, un élève absent, une famille contrainte d’augmenter ses dépenses médicales : les MTN alimentent un cycle de vulnérabilité que le pays cherche à briser.
La nouvelle orientation repose sur la prévention, le dépistage actif et les traitements de masse, afin de passer d’une réponse dispersée à une politique d’élimination structurée.
Une stratégie alignée sur l’agenda international
Le plan togolais s’inscrit dans la feuille de route de l’Organisation mondiale de la santé, qui fixe à 2030 l’échéance pour éliminer plusieurs MTN comme problèmes de santé publique. Les autorités misent sur la cartographie des zones à risque, le renforcement de la surveillance épidémiologique et l’intégration des MTN dans les soins de santé primaires.
Les partenaires techniques soutiennent cette dynamique, estimant que le Togo dispose déjà d’une base solide dans la gestion de ces pathologies souvent invisibles.
Le Togo, déjà en avance
Le pays ne part pas de zéro. Il a déjà obtenu la reconnaissance internationale pour avoir éliminé la filariose lymphatique, la trypanosomiase humaine africaine, le trachome et la dracunculose comme problèmes de santé publique.
Cette avance sert aujourd’hui de socle pour s’attaquer à d’autres MTN encore présentes et positionne le Togo comme un exemple régional en Afrique de l’Ouest.
La clé : l’adhésion des communautés
La réussite du plan se joue surtout sur le terrain. Les autorités veulent renforcer l’implication des communes, des chefs traditionnels et des leaders locaux. La lutte contre les MTN se gagne autant dans les centres de santé que dans les villages, à travers la sensibilisation et l’acceptation des soins.
À l’horizon 2030, l’enjeu n’est pas seulement d’éliminer des infections, mais de rendre aux populations leur capacité à apprendre, produire et vivre sans que la maladie ne dicte leur avenir.
La Rédaction

