Le 1er janvier 2025 a marqué un tournant historique : le transit de gaz russe par l’Ukraine a officiellement cessé. Cette décision, initiée par Kiev en refusant de renouveler un accord crucial, s’inscrit dans une stratégie visant à réduire l’influence économique et géopolitique de Moscou, alors que l’Europe poursuit son désengagement énergétique.
Une rupture symbolique mais maîtrisée
Le gazoduc traversant l’Ukraine, témoin de soixante ans d’échanges énergétiques entre l’Est et l’Ouest, est désormais hors service. Si l’impact immédiat reste modéré pour les consommateurs européens, les implications stratégiques sont vastes. “La Russie perd un levier économique majeur et des milliards de revenus annuels”, a déclaré Herman Halushchenko, ministre ukrainien de l’Énergie.
Les autorités européennes, conscientes de l’inévitabilité de cette rupture, avaient anticipé cette transition. “Nos infrastructures gazières sont prêtes et diversifiées grâce à des investissements dans le gaz naturel liquéfié”, a souligné un porte-parole de la Commission européenne. En effet, la dépendance de l’Union européenne au gaz russe a chuté de 40 % en 2021 à moins de 10 % en 2023.
Une Europe divisée sur la transition
Cependant, l’arrêt des flux via l’Ukraine n’a pas fait disparaître la consommation de gaz russe en Europe de l’Est. La Slovaquie, la Hongrie et l’Autriche restent particulièrement exposées, certaines continuant à importer via TurkStream, un gazoduc traversant la mer Noire.
Cette situation alimente les tensions au sein de l’UE. Le Premier ministre slovaque Robert Fico, revenant d’un voyage à Moscou, a exprimé des inquiétudes pour son pays et ses voisins. Selon lui, cette décision affecte davantage les États membres que la Russie, et il a évoqué des “répercussions dramatiques” sur la région, menaçant même de couper l’électricité à l’Ukraine.
Les répercussions en chaîne
Dans les zones sous influence russe, les conséquences se font déjà sentir. En Transnistrie, région moldave soutenue par Moscou, les systèmes de chauffage et d’eau chaude ont été coupés dès le 1er janvier. Pendant ce temps, l’Europe continue d’avancer vers une indépendance énergétique totale, misant sur des sources alternatives et des réserves stratégiques.
Avec la fermeture du gazoduc ukrainien, une page se tourne dans l’histoire énergétique de l’Europe. Si l’unité européenne face à cette transition est mise à l’épreuve, l’objectif reste clair : réduire l’emprise russe et consolider l’autonomie énergétique du continent.
La Rédaction

