Rapport SOFI 2025 : une alerte claire pour le continent le plus touché
Alors que le monde semble enregistrer un recul timide de la faim, l’Afrique s’enfonce dans une crise alimentaire alarmante. Selon le dernier rapport sur la sécurité alimentaire mondiale publié le 28 juillet 2025 par cinq agences des Nations unies (FAO, PAM, UNICEF, FIDA, OMS), 8,2 % de la population mondiale a souffert de la faim en 2024, contre 8,5 % en 2023. Une baisse apparente, mais qui masque de profondes disparités : l’Afrique, elle, voit la faim progresser.
Le continent concentre désormais la plus grande part des personnes souffrant de sous-alimentation, avec plus de 307 millions d’Africains touchés. Si aucune mesure d’envergure n’est prise, ce chiffre pourrait atteindre 500 millions d’ici 2030. En Afrique subsaharienne, près d’un habitant sur cinq ne mange pas à sa faim. Le rapport est formel : les conflits armés, le changement climatique, l’instabilité économique et la baisse de l’aide internationale aggravent une situation déjà critique. L’accès à une alimentation saine devient un luxe pour des millions de familles, alors même que le continent regorge de terres arables sous-exploitées.
Les enfants paient le plus lourd tribut. Un tiers des enfants africains souffre de retard de croissance lié à la malnutrition chronique. Leurs chances de développement physique et cognitif sont compromises dès les premières années de vie. C’est une génération entière qui risque de grandir sans avoir jamais connu la sécurité alimentaire.
Face à ce constat, les agences onusiennes appellent à un engagement fort et immédiat. Elles plaident pour des investissements massifs dans l’agriculture locale, un soutien accru aux petits producteurs, la relance des programmes de nutrition communautaire, et le retour d’une aide publique au développement capable de répondre aux besoins structurels du continent. Car si la faim en Afrique est dramatique, elle n’est pas une fatalité. Elle est le fruit de déséquilibres mondiaux, de choix politiques et d’un manque cruel de solidarité internationale.
L’Afrique ne manque ni de ressources ni de potentiel. Ce qu’elle attend, c’est une mobilisation à la hauteur de l’urgence. Car pendant que les indicateurs globaux s’améliorent timidement, des millions de vies africaines s’effondrent dans le silence.
La Rédaction

