Le président égyptien sollicite le Parlement pour pouvoir défendre l’Arabie saoudite si Riyad demande son assistance. Une démarche qui intervient après plusieurs frappes houthis et soulève la perspective d’un engagement égyptien renforcé dans la crise régionale.
L’Égypte envisage de renforcer son soutien à l’Arabie saoudite, sans annoncer une entrée en guerre. À la demande du président Abdel Fattah al-Sissi, les députés ont été convoqués dimanche 18 octobre en séance extraordinaire pour examiner une autorisation d’intervention conditionnée à une demande de Riyad. Aucune décision militaire ne découle automatiquement de cette réunion.
Une escalade qui inquiète Le Caire
Depuis début octobre, les houthis, mouvement armé yéménite soutenu par l’Iran, multiplient les frappes contre les infrastructures saoudiennes. L’aéroport de Riyad a notamment été touché, provoquant des morts et plusieurs centaines de blessés. Des installations pétrolières ont également été visées, accentuant les inquiétudes pour la sécurité du royaume.
Samedi 17 octobre, Al-Sissi a affirmé que son pays prendrait les mesures nécessaires pour protéger l’Arabie saoudite si celle-ci le demandait. Il a insisté sur une démarche strictement défensive, sans volonté déclarée d’attaquer.
Un mandat avant toute intervention
La réunion parlementaire vise à donner au chef de l’État une marge de manœuvre juridique et politique. Mais autoriser une assistance éventuelle n’équivaut ni à déployer des troupes ni à annoncer une opération précise. Les modalités d’un éventuel soutien restent inconnues.
Le Caire considère la sécurité du Golfe comme une composante de sa propre sécurité nationale. Cette position reflète ses relations stratégiques avec Riyad et leurs intérêts communs dans la stabilité de la mer Rouge, axe majeur du commerce international.
Le risque d’un conflit élargi
L’Égypte participe depuis 2015 à la coalition conduite par l’Arabie saoudite au Yémen, notamment dans la sécurisation des routes maritimes. Une implication militaire accrue pourrait l’exposer davantage à un conflit aux lourdes conséquences humanitaires.
L’enjeu immédiat reste donc une possibilité d’intervention, non son déclenchement. La position du Parlement et une éventuelle demande saoudienne détermineront la suite.
La Rédaction

