Réunis à Paris sous l’égide de l’UNESCO, experts et responsables internationaux alertent sur la crise du financement de l’école dans les pays les plus pauvres.
La communauté internationale tire la sonnette d’alarme. Selon les estimations présentées lors de la réunion « Vers un financement durable de l’éducation », organisée le 13 mars 2026 à Paris par l’UNESCO et la France, près de 100 milliards de dollars par an manquent aujourd’hui pour permettre aux pays à faible revenu de garantir une éducation de base à leurs populations.
Derrière ce déficit colossal se dessine une crise mondiale de l’apprentissage, particulièrement visible dans les pays les plus pauvres.
Une crise de l’apprentissage déjà visible
Dans de nombreuses régions du monde, l’école ne parvient plus à remplir pleinement sa mission. Dans les pays à faible revenu, près de sept enfants sur dix ne sont pas capables de lire et de comprendre un texte simple à l’âge de dix ans.
La situation est encore plus préoccupante en Afrique subsaharienne, où seule une minorité d’élèves atteint le niveau minimal de lecture à la fin du primaire. Ces difficultés compromettent l’objectif fixé par les Nations unies d’assurer une éducation de qualité pour tous d’ici 2030.
Des moyens financiers très inégaux
L’une des racines du problème réside dans l’écart considérable des investissements éducatifs entre les pays riches et les pays pauvres.
Dans les États à faible revenu, les gouvernements consacrent en moyenne 50 à 55 dollars par an à chaque élève du primaire. À titre de comparaison, dans les économies les plus développées, cette dépense dépasse souvent 8 500 dollars par élève.
Cette différence reflète la faiblesse des recettes publiques dans de nombreux pays en développement. Les ressources fiscales y représentent environ 15 % du produit intérieur brut, contre parfois plus du double dans les pays riches.
Le poids de la dette sur les budgets publics
À cette contrainte structurelle s’ajoute le poids croissant de la dette publique. Dans plusieurs pays africains, le service de la dette absorbe désormais une part importante des ressources nationales.
En moyenne, certains États consacrent près de 50 dollars par habitant au remboursement de leur dette chaque année, un niveau comparable aux dépenses consacrées à l’éducation. Cette pression financière limite la capacité des gouvernements à investir dans leurs systèmes scolaires.
Des solutions encore fragiles
Face à cette impasse, plusieurs pistes sont évoquées, notamment les mécanismes de conversion de dette, qui permettent de transformer une partie des remboursements en investissements dans l’éducation ou dans d’autres secteurs sociaux.
Ces dispositifs, déjà utilisés dans certains partenariats internationaux, pourraient offrir un levier supplémentaire pour soutenir les systèmes éducatifs les plus fragiles.
Une génération menacée
Les conséquences de cette crise sont déjà visibles. Dans le monde, plus de 270 millions d’enfants et de jeunes restent aujourd’hui en dehors du système scolaire.
Lorsque les budgets publics se contractent ou que les économies subissent des chocs financiers, les familles les plus vulnérables sont souvent contraintes de retirer leurs enfants de l’école. Les experts rappellent pourtant qu’à long terme, l’éducation demeure l’un des investissements les plus efficaces pour soutenir la croissance économique et préserver la stabilité sociale.
L’appel à investir dans l’éducation
Les spécialistes réunis à Paris plaident pour une mobilisation plus forte, à la fois nationale et internationale. Le renforcement des systèmes fiscaux et la mobilisation de ressources publiques apparaissent comme des leviers essentiels pour financer durablement l’éducation.
Car au-delà des chiffres, préviennent-ils, c’est l’avenir de millions d’enfants qui est en jeu. Sans investissements massifs dans l’école, le risque est grand de voir se creuser durablement les inégalités éducatives et sociales à l’échelle mondiale.
La Rédaction

