À Abidjan, lors de l’Africa CEO Forum, le président ghanéen a surpris en appelant à exploiter au maximum les réserves de pétrole du pays, malgré les appels mondiaux à une transition énergétique. Pour John Mahama, il faut agir vite avant que la demande mondiale ne chute.
Dans un discours offensif, le président du Ghana a plaidé pour une accélération immédiate de la production pétrolière nationale. Son message, destiné aux investisseurs internationaux, se veut clair : le Ghana ne veut pas rester les bras croisés pendant que les grandes puissances abandonnent progressivement les énergies fossiles
« Nous devons pomper du pétrole comme s’il n’y avait pas de lendemain », a-t-il lancé, provoquant une onde de choc dans l’auditoire.
La déclaration rappelle le style percutant d’un Donald Trump, mais elle traduit avant tout une urgence économique. Alors que la production pétrolière du Ghana décline depuis plusieurs années, le pays cherche à relancer ce secteur stratégique pour renforcer ses recettes publiques et attirer des investissements.
Une stratégie assumée malgré la pression climatique
Ce discours s’inscrit à contre-courant de la dynamique mondiale. L’Accord de Paris appelle à réduire les émissions de gaz à effet de serre, et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) recommande de ne plus lancer de nouveaux projets pétroliers ou gaziers pour maintenir le réchauffement à +1,5°C.
Mais pour Mahama, les pays en développement n’ont pas à porter le fardeau des erreurs historiques. « Le Ghana n’a pas créé ce problème climatique », affirme-t-il. Il revendique le droit à exploiter les ressources nationales pour financer le développement, un message qui trouve un écho dans plusieurs pays africains.
Une équation délicate : exploiter sans compromettre l’avenir
Malgré ce plaidoyer en faveur du pétrole, Mahama n’ignore pas la nécessité d’une transition énergétique. Il a souligné la volonté de son gouvernement d’augmenter la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité, qui devrait passer de moins de 3 % actuellement à 10 % dans les prochaines années.
Ce double discours – extraire pour survivre, investir pour durer – illustre la complexité du défi auquel le Ghana est confronté. Le pays doit financer ses besoins immédiats tout en préparant un avenir moins dépendant des énergies fossiles.
Les experts du secteur soulignent que cette stratégie ne peut réussir qu’à condition d’être accompagnée d’un plan clair, à long terme, pour diversifier l’économie et renforcer les infrastructures énergétiques durables.
La Rédaction

