Alors que la perspective de la succession présidentielle au Zimbabwe s’intensifie, le président Emmerson Mnangagwa semble perdre progressivement son emprise sur le paysage politique national. Un affrontement ouvert s’est récemment cristallisé entre le vice-président Constantino Chiwenga, représentant influent des vétérans de la guerre de libération, et Kudakwashe Tagwirei, un homme d’affaires proche de la nouvelle génération des cadres du parti au pouvoir.
Ces derniers mois, Chiwenga a marqué sa volonté d’empêcher Mnangagwa de prolonger son mandat au-delà de 2028, une ambition que le chef de l’État souhaitait initialement. La rivalité prend une tournure spectaculaire depuis que le vice-président a écarté Tagwirei d’une réunion stratégique du comité central du Zimbabwe African National Union – Patriotic Front (ZANU-PF). Ce dernier est considéré comme le protégé de Mnangagwa et l’un des principaux promoteurs d’une relève issue de la jeune génération politique.
L’affrontement entre ces deux figures symbolise la fracture grandissante au sein du parti dominant, avec d’un côté la faction historique portée par Chiwenga et de l’autre, celle qui souhaite moderniser et rajeunir la gouvernance. La bataille pour le contrôle du parti et, à terme, pour la présidence, s’annonce particulièrement rude dans les mois à venir.
La rivalité reflète également des enjeux économiques et stratégiques, notamment autour des intérêts liés au secteur privé où Tagwirei a bâti son influence. De son côté, Chiwenga mobilise le soutien des vétérans, qui restent un poids politique majeur dans la stabilité du régime.
La question de la succession de Mnangagwa se double ainsi d’un véritable combat d’influence interne, dont l’issue déterminera non seulement l’avenir du ZANU-PF mais aussi celui du Zimbabwe pour la prochaine décennie.
La Rédaction

