Le rapport annuel de l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo révèle une hausse historique des conflits armés en 2025. Avec 65 guerres et crises impliquant des États, le monde atteint son niveau de violence le plus élevé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Une année record qui confirme le retour de la guerre
L’année 2025 restera comme l’une des plus sombres de l’histoire contemporaine en matière de sécurité internationale. Selon le rapport « Conflict Trends » publié par l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo, la planète a enregistré 65 conflits impliquant au moins un État, un chiffre inédit depuis le début des relevés statistiques en 1946.
Cette progression spectaculaire traduit une dégradation continue de l’environnement géopolitique mondial. Alors que les espoirs d’un ordre international plus stable avaient émergé après la fin de la Guerre froide, les rivalités territoriales, les crises régionales et les affrontements entre puissances ont progressivement réinstallé la guerre au cœur des relations internationales.
L’Afrique demeure l’épicentre des violences
Avec 29 conflits recensés, l’Afrique reste la région la plus touchée par les affrontements armés. Des crises anciennes continuent d’y alimenter l’instabilité, tandis que de nouveaux foyers de tension émergent dans plusieurs zones stratégiques du continent.
La situation la plus dramatique demeure celle du Soudan, où la guerre a atteint un niveau de destruction particulièrement élevé. Dans la ville d’El-Fasher, au cœur du Darfour, les combats, les massacres et le siège prolongé auraient causé près de 60 000 morts, illustrant le coût humain colossal des conflits contemporains.
Cette réalité rappelle que les civils demeurent les premières victimes des guerres modernes, souvent pris au piège entre armées régulières, groupes armés et effondrement des structures étatiques.
Le retour inquiétant des affrontements entre États
L’un des principaux enseignements du rapport réside dans la multiplication des conflits interétatiques. Huit affrontements directs entre États ont été recensés en 2025, soit deux fois plus que l’année précédente.
Parmi les crises les plus significatives figurent les tensions entre l’Inde et le Pakistan, les affrontements entre l’Afghanistan et le Pakistan, ainsi que les différends frontaliers entre le Cambodge et la Thaïlande.
Dans le même temps, la guerre entre la Russie et l’Ukraine continue de remodeler l’équilibre sécuritaire européen, tandis que les opérations militaires menées par Israël dans son environnement régional alimentent une instabilité persistante au Moyen-Orient.
Une mortalité qui atteint des niveaux alarmants
Au-delà du nombre de conflits, le bilan humain demeure particulièrement lourd. Les chercheurs estiment qu’environ 245 000 personnes ont perdu la vie en 2025 dans des combats ou des violences directement liées à des conflits armés.
Cette année devient ainsi la troisième plus meurtrière depuis la fin de la Guerre froide. Ces chiffres témoignent non seulement de la multiplication des guerres, mais également de leur intensité croissante et de leur capacité à s’inscrire dans la durée.
Vers une nouvelle ère d’instabilité mondiale ?
L’accumulation simultanée de crises en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie interroge la capacité des institutions internationales à prévenir ou contenir les conflits. Les mécanismes diplomatiques traditionnels semblent de plus en plus fragilisés face à la montée des rivalités stratégiques et à la fragmentation de l’ordre mondial.
Le rapport de l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo dessine ainsi le portrait d’une planète entrée dans une phase de turbulence durable. Plus qu’une simple hausse statistique, le record de 2025 révèle l’émergence d’un monde où les conflits tendent à devenir plus nombreux, plus complexes et plus difficiles à résoudre.
La Rédaction

