Partie de Bruxelles à l’automne 2025, Victoire Becquart a rejoint Lomé au terme de près de six mois à vélo. Derrière les 9 000 kilomètres parcourus et la traversée d’une douzaine de pays se dessinait un objectif dépassant largement la performance sportive : mobiliser des soutiens en faveur de la Maison Béthanie, qui accueille au Togo des enfants orphelins ou en situation de vulnérabilité.
Le 26 octobre 2025, Victoire Becquart quitte la Belgique avec peu de choses : quelques vêtements, son matériel, son vélo et une destination située à plusieurs milliers de kilomètres. À 25 ans, la jeune journaliste belge s’engage seule sur les routes avec une idée simple résumée par son projet : « Bruxelles-Togo, seule à vélo ».
Lorsque son périple s’achève à Lomé, le 22 avril 2026, près de six mois se sont écoulés. Entre les deux villes, environ 9 000 kilomètres et une douzaine de pays traversés, du Maroc à la Mauritanie, du Sénégal à la Sierra Leone, jusqu’à la Côte d’Ivoire, au Ghana puis au Togo.
Derrière le défi, la Maison Béthanie
Lomé n’était pas seulement une ligne d’arrivée. Le voyage devait aussi conduire Victoire Becquart jusqu’à la Maison Béthanie, une structure togolaise fondée en 2000 par sœur Victoire de Jésus Olympio pour accueillir des enfants orphelins ou issus de familles en difficulté.
Depuis le décès de sa fondatrice en 2022, l’œuvre se poursuit alors que les besoins augmentent. Le foyer doit notamment réaliser des travaux afin d’améliorer ses capacités d’accueil et de répondre aux normes requises.
Avant son départ, Victoire Becquart avait donc associé son aventure à une collecte de fonds destinée à soutenir la structure. Au fil du voyage, ses vidéos et son journal de bord numérique ont permis de faire connaître cette cause bien au-delà du Togo.
L’Afrique au rythme des rencontres
Mais les kilomètres ne racontent qu’une partie du périple.
Pendant plusieurs mois, la cycliste a avancé au rythme des frontières, des routes parfois difficiles et surtout des rencontres. Des habitants lui ont ouvert leur porte, offert un repas ou simplement accompagné quelques heures de son voyage.
Son passage en Sierra Leone illustre particulièrement cette expérience. Mise en garde à plusieurs reprises contre la traversée du pays, elle avait envisagé de modifier son itinéraire avant de finalement poursuivre sa route. Elle en retiendra notamment le décalage entre les craintes qui lui avaient été transmises et l’accueil rencontré sur place.
Son statut de femme voyageant seule a accompagné tout le périple. Plutôt que d’ignorer les risques, Victoire Becquart a raconté les précautions, les inquiétudes mais également la solidarité rencontrée sur les routes ouest-africaines.
9 000 kilomètres qui continuent après l’arrivée
Quelques mois après son arrivée à Lomé, l’intérêt de cette aventure se mesure ainsi moins au nombre de kilomètres parcourus qu’à ce qu’ils ont permis de relier.
D’un côté, une jeune Européenne partie seule sur un vélo. De l’autre, une structure togolaise confrontée aux besoins très concrets d’enfants vulnérables. Entre les deux, des milliers de kilomètres transformés en espace de rencontres et en moyen de sensibilisation.
Victoire Becquart avait choisi Lomé comme destination. En donnant à son voyage une finalité solidaire, elle en a fait davantage qu’un point sur une carte : l’aboutissement d’une aventure où la route comptait autant que ceux rencontrés en chemin.
La Rédaction
Sources : La Croix ; Fondacio ; communications publiques de Victoire Becquart relatives au projet « Bruxelles-Togo, seule à vélo ».

