Réunis ce 24 juin à La Haye, les dirigeants des 32 pays membres de l’OTAN entament un sommet décisif, marqué par une exigence budgétaire inédite : porter les dépenses de défense à 5 % du PIB. Sur fond de tensions géopolitiques croissantes et d’incertitudes transatlantiques, cette rencontre se déroule sous haute vigilance politique.
Une pression budgétaire sans précédent
Longtemps critiquée pour sa lente montée en puissance budgétaire, l’OTAN franchit un nouveau seuil. La proposition désormais sur la table : consacrer 5 % du PIB à la défense, dont 3,5 % à l’effort militaire proprement dit et 1,5 % aux infrastructures et à la cybersécurité. C’est Donald Trump, de retour au cœur du jeu international, qui pousse ouvertement pour cette augmentation drastique.
Certains pays, comme l’Espagne ou la Slovaquie, se montrent sceptiques face à cet objectif ambitieux. Mais l’Alliance veut montrer un front uni. Le projet, bien que non contraignant à court terme, s’inscrit dans une trajectoire à l’horizon 2035.
L’Ukraine en marge, mais toujours soutenue
Volodymyr Zelenskyy, invité uniquement au dîner d’ouverture, reste en marge de la session plénière. Une décision qui vise à éviter toute crispation, notamment du côté américain, où la question du soutien militaire à l’Ukraine reste sensible. Toutefois, les alliés réitèrent leur appui, même si les modalités se font plus discrètes qu’auparavant.
Le Moyen-Orient s’invite à La Haye
L’autre tension majeure est venue d’Iran. Après les frappes américaines sur des sites nucléaires iraniens il y a deux jours, l’Alliance surveille de près l’évolution de la situation au Moyen-Orient. L’agenda initial du sommet a été réajusté pour intégrer cette nouvelle donne stratégique.
Une réunion raccourcie, un ton maîtrisé
Pour éviter les débordements et protéger l’unité de façade, le sommet se déroule en format restreint : une unique session plénière de deux heures et demie, sans conférence de presse conjointe ni déclaration polémique. Le communiqué final, attendu demain, sera bref et consensuel.
Ce format allégé illustre la volonté des membres de garder la cohésion de l’Alliance, tout en préparant l’arrivée de Mark Rutte à la tête de l’OTAN en juillet.
Ce 24 juin, l’OTAN s’engage sur un chemin plus exigeant, entre ambition militaire, réalignements politiques et prudence diplomatique. Un sommet de transition où chaque mot est pesé, chaque posture calculée, et où l’ombre américaine impose sa mesure.
La Rédaction

