Le Forum économique mondial, qui se déroule à Davos, en Suisse, du 20 au 24 janvier, est marqué cette année par des participations symboliques et des absences notables. Tandis que Donald Trump, fraîchement investi pour un second mandat à la présidence des États-Unis, s’exprimera en visioconférence, le président ukrainien Volodymyr Zelensky fera le déplacement pour plaider sa cause face à une guerre qui s’éternise. Du côté de la France, ni Emmanuel Macron ni Éric Lombard, ministre de l’Économie, ne seront présents, laissant place à des interprétations diplomatiques et politiques.
Trump : le discours d’un président à distance
Trois jours après sa prestation de serment, Donald Trump prendra la parole à Davos le jeudi 23 janvier par visioconférence. Fidèle à sa doctrine “America First”, Trump devrait utiliser cette tribune pour réaffirmer la suprématie des intérêts américains dans les enjeux économiques et géopolitiques mondiaux.
Ce choix d’intervenir à distance peut être vu comme un geste symbolique : il illustre à la fois l’intérêt mesuré de Trump pour les échanges multilatéraux prônés par Davos et sa volonté de recentrer l’attention sur sa propre administration. Malgré son absence physique, son discours est attendu comme un événement marquant, notamment dans le contexte d’un monde toujours plus fragmenté.
Zelensky : défendre l’Ukraine au cœur des débats
La présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky dans la station alpine revêt une importance stratégique. Face à une guerre qui entre dans sa troisième année, Zelensky cherche à maintenir la solidarité internationale et à renforcer le soutien économique et militaire à son pays.
Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, les officiels russes sont bannis du Forum de Davos, une décision qui continue de refléter la condamnation des élites mondiales à l’égard de l’agression russe. Cette absence, bien que symbolique, souligne le climat de polarisation géopolitique qui plane sur le Forum.
Une France discrète et stratégique
Contrairement à l’année précédente, Emmanuel Macron ne participera pas à l’événement. À la place, il a reçu, comme le veut la tradition, plusieurs patrons français à l’Élysée avant leur départ pour Davos, leur demandant de promouvoir l’attractivité économique de la France.
De son côté, Éric Lombard, ministre de l’Économie, a choisi de rester à Paris, invoquant des impératifs liés aux discussions budgétaires. Cette décision illustre également une volonté politique de ne pas alimenter les critiques de la gauche française, souvent hostile à l’image de Davos en tant que “temple du capitalisme”.
Davos 2025 : une édition sous tensions
Cette 55ᵉ édition du Forum de Davos illustre les tensions qui façonnent l’ordre mondial. Entre l’intervention distante mais symbolique de Trump, la présence active de Zelensky et l’absence de grandes figures européennes comme Macron, le Forum reflète un monde en quête d’équilibres fragiles.
Plus que jamais, les fractures idéologiques – entre multilatéralisme et repli national – se traduisent dans la composition des participants et les discours attendus. Alors que la planète fait face à des défis colossaux, des crises économiques à l’urgence climatique, le Forum reste un point de convergence où l’avenir des relations internationales se négocie, non sans heurts.
La Rédaction

