C’est l’histoire la plus inattendue des qualifications de la zone Concacaf pour le Mondial 2026. Curaçao, île autonome des Petites Antilles rattachée au Royaume des Pays-Bas, s’est qualifiée pour la première fois de son histoire à la Coupe du monde. Avec seulement 150 000 habitants et une superficie de 444 km², l’équipe nationale, surnommée la “Blue Wave”, devient le plus petit pays à atteindre la phase finale d’une Coupe du monde, surpassant l’Islande.
Un chemin semé de frayeurs et de miracles
Mardi dernier à Kingston, Curaçao a failli voir son rêve s’évanouir dans les dernières minutes. Jeremy Antonisse, l’ailier gauche de Moreirense, a provoqué un penalty après un contact avec le Jamaïcain Isaac Hayden. Mais grâce à l’intervention du VAR, l’équipe a été sauvée, poursuivant ainsi son parcours historique. Ce moment illustre parfaitement le suspense et la dramaturgie qui ont jalonné ces éliminatoires.
Une équipe invaincue et déterminée
La “Blue Wave” a brillé tout au long de la compétition. Lors des deux phases de groupes, Curaçao a disputé dix matchs sans défaite : sept victoires et trois nuls, devenant ainsi la seule équipe invaincue de la zone Concacaf. La sélection a notamment battu Haïti 4-1 au premier tour, avant de dominer la Jamaïque, Trinité-et-Tobago et les Bermudes. Juninho Bacuna, milieu de terrain de l’équipe, résume : “C’est incroyable et fou, il y a quelques années, personne n’aurait imaginé cela”.
Dick Advocaat, l’artisan de l’exploit

À la tête de l’équipe, le technicien néerlandais Dick Advocaat, ex-sélectionneur des Pays-Bas et d’autres grandes nations, a transformé cette petite sélection en un véritable rouleau compresseur. Même absent à Kingston pour des raisons personnelles, son influence reste palpable. S’il reste en poste pour le Mondial, Advocaat, à 78 ans, deviendra le plus vieux sélectionneur de l’histoire de la Coupe du monde.
Des joueurs entre opportunité et rêve
L’équipe repose sur des talents souvent nés aux Pays-Bas mais d’origine curacienne, qui ont choisi de représenter l’île pour saisir une opportunité unique. Tatih Chong, Sontje Hansen, Ar’jany Martha ou Jeremy Antonisse illustrent ce choix stratégique et ambitieux. Pour beaucoup, jouer pour Curaçao représentait un refuge et une chance de briller à l’international, une décision qui, aujourd’hui, devient un rêve devenu réalité.

Une petite île, un grand événement
Curaçao n’est plus seulement connue pour sa célèbre liqueur d’orange. L’été prochain, cette île des Caraïbes se fera remarquer sur la scène mondiale, inscrivant son nom au panthéon du football international. La “Blue Wave” porte désormais les espoirs d’une nation entière et montre que, dans le football, même les plus petits peuvent réaliser de grandes histoires.
La Rédaction

