Les deux gouvernements ont convenu d’imposer un visa obligatoire pour les voyages de la Côte d’Ivoire vers le Maroc à partir du 1er septembre 2024. Cette mesure expérimentale, prévue pour deux ans, vise à lutter contre l’immigration clandestine.
Alors que de nombreux pays annoncent fièrement l’abolition des visas en signe d’amitié, la Côte d’Ivoire et le Maroc, pourtant connus pour leurs relations amicales, ont décidé de réintroduire le visa obligatoire pour les Ivoiriens souhaitant se rendre au royaume de Mohammed VI.
Un communiqué de presse datant du 14 août 2024 annonce que le ≪ Gouvernement ivoirien, en concertation avec les Autorités marocaines, a engagé une procédure de réinstauration du visa d’entrée au Maroc pour tous les détenteurs de passeports ordinaires ivoiriens≫. Cette réintroduction n’est pas ad vitam aeternam, elle sera ≪pour une période expérimentale de deux (2) années, à compter du dimanche 1er septembre 2024≫ a indiqué le communiqué.
Cette décision qui peut être très douloureuse pour certains s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la migration clandestine. Face à l’afflux de migrants africains vers les côtes méditerranéennes via le Maghreb, dont le Maroc, un profilage mené par les États d’accueil et les Ambassades ivoiriennes a révélé que la majorité des clandestins se font passer pour Ivoiriens, bien qu’ils soient d’autres nationalités.
À titre d’exemple, sur 14 800 migrants arrivés à Lampedusa se déclarant ivoiriens, seules quelques dizaines ont été identifiés comme tels selon le communiqué. En outre, des réseaux parfaitement organisés disposant de spécimens de faux passeports et des cachets contrefaits ont été découverts, obligeant le gouvernement à prendre des mesures pour ≪assécher les sources d’approvisionnement des réseaux de faussaires, en renforçant ipso-facto, la crédibilité du passeport ivoirien et la sécurité nationale≫.
Il convient de préciser que les citoyens marocains désireux de se rendre en Côte d’Ivoire, les Ivoiriens détenteurs de passeports diplomatiques ou de service, les titulaires de cartes de séjour marocain, les bénéficiaires de visas Schengen, des Émirats Arabes-Unis, des États-Unis d’Amérique ou du Canada sont exemptés de cette décision.
La Rédaction

