La contestation de la présidence de Tidjane Thiam dépasse désormais un simple différend sur les statuts du PDCI-RDA. Entre recours judiciaires, absence prolongée de son dirigeant et interrogations sur la gouvernance interne, le principal parti historique de l’opposition ivoirienne traverse une période d’incertitude.
En Côte d’Ivoire, l’avenir de la direction du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) reste suspendu à une procédure judiciaire engagée par plusieurs de ses membres. Le tribunal de première instance d’Abidjan devait examiner, jeudi 22 octobre, les recours contestant la régularité du congrès extraordinaire de mai 2025, au cours duquel Tidjane Thiam avait été reconduit à la présidence du parti.
Initialement attendue le 30 juillet, une décision avait été reportée après le regroupement de deux procédures similaires. La nouvelle audience pourrait elle-même déboucher sur un renvoi, compte tenu des démarches judiciaires supplémentaires engagées depuis.
Une légitimité contestée devant les tribunaux
Charles Abié Tchétché et Antoine Siaba, deux membres du PDCI-RDA, remettent en cause les conditions de désignation de Tidjane Thiam. Leurs contestations portent notamment sur le respect des statuts, son ancienne nationalité française et son absence prolongée du territoire ivoirien.
Les requérants demandent l’annulation des décisions issues du congrès et contestent la régularité de la direction actuelle. Le parti rejette ces accusations et dénonce une judiciarisation de son fonctionnement interne.
Une nouvelle assignation déposée en septembre a encore complexifié le dossier, renforçant l’incertitude sur son calendrier judiciaire.
Une présidence exercée à distance
Cette bataille intervient alors que Tidjane Thiam demeure à l’étranger depuis plus d’un an et demi. Le PDCI-RDA réclame des garanties de sécurité pour permettre son retour, tandis que cette absence alimente les critiques de ses opposants internes.
Pour une formation qui célèbre ses 80 ans en 2026, l’enjeu est considérable. La multiplication des procédures mobilise son appareil dirigeant et complique la préparation de ses prochaines échéances politiques.
Le risque d’une crise institutionnelle
Une éventuelle annulation du congrès pourrait remettre en question plusieurs décisions prises sous la présidence de Tidjane Thiam. À l’inverse, un rejet des recours consoliderait sa position juridique sans nécessairement effacer les divisions internes.
Au-delà du verdict, le PDCI-RDA doit désormais résoudre une difficulté plus profonde : préserver son unité et son fonctionnement politique alors que sa direction reste contestée devant la justice.
La Rédaction

