Face à la montée du protectionnisme et aux tensions commerciales, Alassane Ouattara plaide pour une mondialisation plus ouverte aux économies africaines. À Genève, le président ivoirien a défendu le concept de « re-globalisation », qui vise à mieux répartir les opportunités économiques. Pour la Côte d’Ivoire, l’ambition est de dépasser l’exportation des matières premières pour développer une véritable industrie de transformation.
L’Afrique ne doit plus se limiter à fournir les matières premières dont dépendent les industries mondiales. C’est le message porté par Alassane Ouattara lors de son intervention, le 29 octobre, au siège de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), à Genève.
Le président ivoirien a soutenu l’approche défendue par Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’institution, en faveur d’une « re-globalisation ». Derrière cette notion se trouve une ambition : réorganiser les échanges internationaux pour permettre aux pays en développement de participer davantage à la création de valeur.
Produire en Afrique, mais surtout transformer
Pour Alassane Ouattara, l’ouverture commerciale ne suffit pas si les économies africaines continuent d’exporter principalement des ressources brutes avant d’importer des produits manufacturés plus coûteux.
Il a cité l’expérience ivoirienne, marquée par une croissance économique moyenne d’environ 7 % entre 2012 et 2025, selon les chiffres présentés devant l’OMC.
Dans le cacao, le taux de transformation locale a atteint 41 % durant la campagne 2024-2025. Mais cette activité concerne encore largement la fabrication de produits intermédiaires, comme la pâte, le beurre et la poudre de cacao. La production de chocolat fini reste une étape supplémentaire.
La filière anacarde connaît également une évolution importante, avec 43 % de la production orientée vers la transformation locale en 2025. Abidjan vise désormais au moins 80 % d’ici 2030.
Une mondialisation à rééquilibrer
Le discours ivoirien intervient alors que les tensions géopolitiques, les restrictions commerciales et la réorganisation des chaînes d’approvisionnement fragilisent les échanges internationaux.
Pour les pays africains, la re-globalisation pourrait ouvrir de nouvelles possibilités industrielles, à condition de disposer d’infrastructures, de financements, de compétences et de technologies adaptées.
La ZLECAf comme levier industriel
Alassane Ouattara a également présenté la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) comme un instrument essentiel pour élargir les débouchés des entreprises et développer les chaînes de valeur régionales.
L’enjeu dépasse ainsi les performances commerciales : il s’agit de transformer les ressources africaines sur le continent, de renforcer les entreprises locales et de créer des emplois.
La réussite de cette ambition dépendra de la capacité des États à convertir l’ouverture des marchés en développement industriel et en amélioration des revenus.
La Rédaction

