Les enseignants sud-coréens sont confrontés à une forme de cyberharcèlement de plus en plus perturbante : l’utilisation de la technologie deepfake pour diffuser des images truquées. Parmi les victimes, Lee Ga-eun, une enseignante de Busan, raconte son calvaire après qu’une photo d’elle ait été manipulée pour la placer dans une situation indécente. Depuis mars de l’année dernière, cette photo a circulé sur une plateforme de messagerie, entraînant une cascade de conséquences psychologiques sur la victime. L’enseignante a dû se retirer de son poste, l’impact émotionnel étant trop lourd à porter.
« Chaque regard des élèves me rendait nerveuse, je ne pouvais m’empêcher de me demander s’ils avaient vu la photo », avoue-t-elle, soulignant l’isolement et la souffrance qu’elle traverse. Son quotidien est désormais marqué par des traitements médicaux pour combattre une dépression sévère.
Mais Lee Ga-eun n’est pas seule dans cette situation. Park Sehee, une autre enseignante, a été la cible d’un deepfake la montrant dans une situation humiliante. Bien que l’incident ait choqué, la plainte qu’elle a déposée n’a pas abouti à des sanctions concrètes contre les responsables.
Ce phénomène du deepfake porn, qui touche désormais de plus en plus d’écoles, met en lumière l’ampleur du harcèlement virtuel dont sont victimes de nombreux enseignants en Corée du Sud. Une enquête menée en 2024 a révélé que 2 492 cas de manipulation d’images impliquant des enseignants avaient été recensés, avec un grand nombre de ces incidents visant spécifiquement les femmes.
La lenteur des autorités à réagir et le manque de solutions adaptées à cette problématique inquiètent profondément les syndicats d’enseignants, qui dénoncent une situation devenue insupportable.
La Rédaction

