La Corée du Sud s’enfonce dans une crise politique majeure. Vendredi 27 décembre, les députés sud-coréens ont voté à l’unanimité la destitution de Han Duck-soo, président par intérim, qu’ils accusent d’avoir « activement participé à l’insurrection » liée à la tentative avortée de loi martiale menée par l’ancien président Yoon Suk-yeol le 3 décembre dernier.
Une destitution unanime
Le vote, présidé par Woo Won-shik, président de l’Assemblée nationale, a vu les 192 députés présents se prononcer unanimement en faveur de la destitution de Han Duck-soo. Cette décision intervient deux semaines après que les parlementaires ont déjà voté la destitution de l’ancien président Yoon Suk-yeol, dont le sort reste suspendu à la validation par la Cour constitutionnelle.
Lors de la session parlementaire, des scènes de tension ont éclaté. Des élus, en colère, ont levé le poing et crié des slogans après que le président de l’Assemblée a rappelé qu’une majorité simple suffisait pour confirmer la destitution.
La Cour constitutionnelle face à un défi
Han Duck-soo, jusque-là Premier ministre, occupait temporairement les fonctions présidentielles depuis la destitution de Yoon Suk-yeol. Désormais suspendu, il doit attendre la décision de la Cour constitutionnelle, qui a jusqu’à six mois pour statuer sur la validité de sa destitution.
Cependant, des tensions supplémentaires entourent cette institution. L’opposition accuse Han Duck-soo d’avoir bloqué la nomination de trois juges, privant la Cour des neuf membres nécessaires pour trancher à la majorité des deux tiers sur le sort du président déchu.
Une instabilité persistante
Le limogeage de Han Duck-soo est le dernier développement d’une crise institutionnelle qui secoue la Corée du Sud depuis plusieurs semaines. Le pays, en proie à des divisions politiques profondes, attend désormais une décision de la Cour constitutionnelle pour clarifier son avenir politique.
En attendant, l’impasse institutionnelle renforce le sentiment d’incertitude parmi la population et menace de prolonger l’instabilité au sommet de l’État.
La Rédaction

